Kenny Werner au Duc des Lombards

L’intitulé de ce concert est explicite : piano master. Un maître ! Kenny Werner, né à Brooklyn, l’est certainement.

Il fait partie de ces noms prestigieux très appréciés du milieu mais moins connus du grand public. Il a étudié dans la prestigieuse Berklee College Of Music, venu dans l’ombre d’artistes brillants, Keith Jarrett, Chick Corea ou Herbie Hancock. Il a lui-même enseigné le piano à un musicien bientôt remarqué, Brad Mehldau. Kenny n’aura cependant pas été gâté par la vie. En 2006, sa fille Katheryn, dont il avait célébré la naissance dans son album Uncovered Heart (1990), disparaît, tuée à 17 ans dans un accident de voiture. La tragédie lui inspire un magnifique disque, No Beginning, no End, une œuvre symphonique et mélancolique, emblématique de son ambitieux travail où se rejoignent le jazz et la musique contemporaine. Il n’a jamais oublié de servir le répertoire classique, de Duke Ellington à George Gershwin. Mais c’est peut-être en trio qu’il déploie le mieux ses qualités, entouré de  ses complices, le contrebassiste Johannes Weidenmüller, et le batteur Ari Hoenig. Présents à ses côtés depuis une quinzaine d’années. Le jazz est aussi une affaire de fidélité… et de vie !