La programmation féminine des festivals de musique : vers la parité ?

Le constat est sans appel : cette année encore, les artistes féminines seront sous-représentées dans les festivals estivaux. Certes, à la suite du mouvement #MeToo qui a permis d’offrir aux femmes une meilleure visibilité, certain.es programmateur.trices ont décidé de changer un peu la donne. Mais les statistiques restent néanmoins accablantes. Petit tour d’horizon non exhaustif de la programmation féminine de cet été.

 

Un pas vers la parité

Si à l’occasion de son édition 2018 le Printemps de Bourges a communiqué sur une « programmation paritaire » – alors que le terme n’était pas tout à fait approprié comme l’a rappelé l’AFP, sa décision de mettre de nombreuses femmes à l’affiche, dont un concert d’ouverture 100% féminin, est néanmoins à saluer.

La parité est d’ailleurs l’un des desseins poursuivis par le réseau SheSaid.So, qui souhaite donner aux femmes composant l’industrie musicale la place qu’elles méritent. Ce qui passe donc également par une meilleure représentation de celles-ci sur scène. A cet égard, l’engagement de 45 évènements internationaux de respecter cette parité dans leur programmation d’ici à 2022 est certainement un pas dans le bon sens, même si l’échéance semble lointaine.

Heureusement, certain.es n’ont pas attendu ce genre d’initiative, à l’instar du festival Les Femmes s’en mêlent qui met en avant la création féminine depuis une vingtaine d’années. Son édition 2018 a entre autres vu se succéder Chloé, Clara 3000, Dream Wife, Flèche Love, Findlay, La Chica et Mélissa Laveaux.

 

Le salut par l’électro ?

Une des planches de salut semble pour le moment venir de la scène électro. Les Nuits Sonores lyonnaises ont par exemple programmé en journée autant d’artistes féminines que masculins, ce qui est probablement dû au fait que Paula Temple faisait partie des curateurs. Celle-ci a entre autres invité Amelie Lens, l’une des artistes électro les plus programmées cette saison. Avant de s’apprêter à faire danser le Cabaret Vert fin août, elle est notamment passée en avril par le festival Panoramas (LE rendez-vous breton des musiques électroniques) en compagnie de Lena Willikens, Jennifer Cardini, Ann Clue ou Irène Drésel. Cette dernière sera d’ailleurs à l’affiche de Scopitone (fin septembre à Nantes) aux côtés des grandes Nina Kraviz, Miss Kittin, Paula Temple et Rebeka Warrior de Sexy Sushi.

 

Têtes d’affiche récurrentes et artistes émergentes

Parmi les chanteuses pop, rock voire « variété » qui vont tourner tout l’été, on retrouve évidemment Juliette Armanet qui tient le haut du pavé, suivie dans le désordre par Angèle, Charlotte Gainsbourg ou encore Hollysiz.

Si We Love Green a, comme les Francofolies, convié les trois premières, le festival a eu cependant le mérite de la diversité, en proposant également Björk, Jorja Smith, Honey Dijon, Oumou Sangaré, Yaeji, Big Freedia, Lauren Auder, ou encore Vendredi sur Mer – à voir absolument à Cabourg Mon Amour en compagnie des merveilleuses Aloïse Sauvage, Alice et Moi, Clara Luciani, HAAi et Fishbach. A noter la présence de The Black Madonna et IAMDDB, également programmées aux Eurockéennes début juillet.

 

Même constat d’originalité chez Villette Sonique en mai dernier avec Abra, Anna von Hausswolff, Flohio et Jackie Mendoza. Au Bateau Music Festival fin juin prochain avec Coucou Chloé, Maud Geffray, Oh Mu, Musique Chienne et Tsar B. A la Route du Rock mi-août  avec Patti Smith, Ellen Allien et Veronica Vasicka. Ou encore à Rock en Seine fin août avec Anna Calvi, First Aid kit, Yelle, Sophie, Stefflon Don, Halo Maud, Noname et The Regrettes.

 

Pour la parité certes on repassera, mais la volonté d’éclectisme est bel et bien là. C’est déjà ça !