La Queer Week, une semaine pour débattre, danser et militer

Du 15 au 23 mars, la  « queer week » est de retour ! Comme chaque année depuis 2009, le festival envahit des musées, des boîtes de nuit et des bars de Paris pour nous questionner sur les thématiques liées aux communautés LGBT. Des événements (presque toujours) ouverts à tous, ludiques et sexy. 

 

Queer Week © Gaëlle Matata
Queer Week © Gaëlle Matata

 

Ateliers de mixage, cours de tournage porno amateur, table ronde sur la visibilité des LGBT au cinéma… On vous l’accorde, le programme de la Queer Week a des airs d’inventaire de Prévert. Et ce n’est pas un hasard puisque pour la première fois en une décennie, le festival n’a pas de thème général. Le mot d’ordre : parole à la diversité. Le résultat : un joyeux bazar qui nous emmène du Louvre (pour une visite guidée à la rencontre des personnages queer et féministes des œuvres le 20 mars) au mythique bar lesbien La Mutinerie (entre autres pour l’atelier « Fabrique ton Porn » le 19 mars).

Le but est de créer un espace bienveillant et rassurant pour chacun, parfois par le biais de la non-mixité comme avec l’atelier « Parlons Q entre meufs trans », table ronde pour une sexualité épanouie le 22 mars au centre LGBT de Paris – Île-de-France. Même les enfants ont droit à un terrain de réflexion lors de la journée « Queer for kids »  le 20 mars, avec entre autres des lectures de contes inclusifs (vous savez, ceux où la princesse n’attend pas qu’un prince vienne la sauver d’un baiser magique) par des drag queens féeriques.

Elsa, programmatrice et coordinatrice, explique qu’il s’agit d’abord d’événements « créés par et pour les LGBT, même si les hétéros sont aussi les bienvenus ». A travers des conférences, des ateliers, des soirées… l’équipe s’adresse à sa communauté afin de « remettre en question nos pratiques et s’interroger ensemble sur des sujets parfois tabous », ajoute l’étudiante aux cheveux courts et aux yeux bleus. C’est le but de la table ronde sur le racisme dans les milieux queer féministes (le 21 mars), ou de la journée dédiée à la justice et la gestion des conflits chez les LGBT (le 16 mars).

 

Clubbing et libertinage

Et la fête dans tout ça ? Pour Elsa, « ce serait dommage d’oublier que le clubbing peut être politique. On veut là aussi créer des espace safe, des lieux où toutes les minorités se sentent bien et se rencontrent. Et dans le même temps promouvoir des artistes racisés, issus de la communauté LGBT, des femmes… » La soirée d’ouverture aura lieu le 16 mars aux N-F34 (ex-Nuits Fauves), en partenariat avec la Flash Cocotte, avec en tête d’affiche l’une des productrices les plus séduisantes du moment : Deena Abdelwahed, phénomène techno venu de Tunisie. La clôture se jouera le 23 mars à la Station-Gare des Mines, avec un line-up bourré de DJ iconiques de la scène LGBT française, de Karami à Nicol en passant par Barbara Butch.

 

Queer Week © Gaëlle Matata
Queer Week © Gaëlle Matata

 

Le dimanche soir, une sauterie plus intime est programmée dans un club libertin du 19e arrondissement – parce que le droit à une sexualité libre et décomplexée est l’une des revendications de la Queer Week. Rendez-vous pris le 17 mars pour une « soirée Q » « entre meufs, gouines, bi.e.s, trans et intersexes » (comprendre : vade retro homme cisgenre). Une invitation à danser et faire l’amour dans un cadre bienveillant où les comportements homophobes, transphobes et grossophobes sont bannis.

 

Une situation d’urgence

On aurait du mal à l’imaginer à la lecture de ce programme, mais la Queer Week fut lancée en 2009 par des étudiants de Sciences Po Paris. Et elle reçoit toujours ses subventions. Dix ans après sa première édition, le festival a progressivement pris ses distances et l’équipe, renouvelée chaque année, n’est plus issue de l’école. Ce sont des étudiants, des salariés, des chômeurs qui s’investissent plusieurs heures par jour pendant des mois, persuadés qu’il est toujours essentiel de mettre en avant les problématiques des LGBT.

« La PMA n’est pas légalisée, les actes homophobes augmentent, les droits des migrants sont chaque jour piétinés », énumère Elsa. « On est en colère, et le défi, pour nous, est de ne surtout pas se fatiguer face à des situations qui n’évoluent pas. » Les événements de cette semaine doivent préparer aux combats futurs, mais pas seulement. « On a aussi prévu le 17 mars une après-midi bien-être à la Folie, avec des ateliers tattoo, tirage de tarot et coiffure. Juste pour se reposer un peu. » glisse la vingtenaire dans un sourire. Un bon militant doit aussi savoir prendre soin de lui.

La Queer Week, du 15 au 23 mars
Programme intégral à retrouver sur Facebook