Le label InFiné collabore avec le Musée de la Musique sur une série d’albums qui promet d’être fantastique

Ancré dans le paysage culturel parisien depuis vingt ans, le Musée de la Musique / Philharmonie de Paris s’associe au défricheur label InFiné pour proposer une série d’enregistrements réalisés avec une partie des instruments historiques qu’il abrite. Premier volet de cette collaboration, le nouvel album d’Arandel intitulé InBach revisite, comme son nom l’indique, le célèbre compositeur baroque. Et pour un coup d’essai, c’est un coup de maître.

Bach to the future

Arandel © Julien Mignot

Pour la Nuit Blanche 2017, le Musée de la Musique (Philharmonie de Paris) avait invité le prodige de l’électro Arandel, signé sur l’excellent label InFiné, à réaliser une performance à partir des captations sonores d’instruments de sa collection.

De cette fructueuse rencontre est née l’idée d’une série d’albums co-signés par le musée et ledit label, sous la houlette du producteur Alexandre Cazac, son fondateur et directeur. Fusionner passé et présent pour créer une musique du futur, c’est l’ambition derrière ce projet unique. Il permettra à des artistes très divers de piocher parmi les plus de 7.000 instruments à disposition, dont certains sont restés depuis bien trop longtemps muets et de s’en inspirer pour créer des œuvres inédites sur un thème à chaque fois différent.

Pour le premier opus, c’est donc Bach qui a été choisi.

Back to Bach

Or réinterpréter une figure tutélaire telle que le maître allemand du baroque n’est pas une mince affaire. Beaucoup s’y sont essayés par le passé, dont certain.es avec une originalité confinant au génie, ce qui rend l’exercice d’autant plus difficile à aborder aujourd’hui.

Ce fut déjà le cas en particulier de la célèbre compositrice américaine Wendy Carlos (celle de la BO d’Orange Mécanique) avec son iconique album Switched on Bach paru en 1968, qui reprenait les partitions du compositeur sur un Moog. Arandel lui avait d’ailleurs fait un joli clin d’œil lors du Bach Marathon organisé en 2018 par… la Philharmonie. La boucle est ainsi bouclée et l’immense talent du multi-instrumentiste a tout emporté. Avec InBach, le défi haut la main a été relevé, en même temps que l’artiste s’est, après avoir pendant des années fait plané le mystère sur son identité, un peu dévoilé.

Bach dans les bacs

Arandel se situe donc dans la continuité de ces premières expériences avec un album qui propose aussi bien une relecture qu’une réappropriation à la fois puissantes et novatrices de l’oeuvre de Bach. Réalisé en collaboration avec des artistes d’horizons aussi divers que Barbara Carlotti, Areski, Julien Gasc, Gaspar Claus, Petra Haden ou encore Vanessa Wagner, le disque est à l’image de ce name dropping  : audacieux et décloisonnant. Produit avec des instruments rares  aux noms parfois étranges (à l’instar du clavecin de Goujon à deux claviers, du clavitimbre ou de l’ondioline), c’est une réussite sur toute la ligne. Mêlant classique et électro dans une fusion intemporelle, il s’avère être d’une incroyable élégance, presque métaphysique. Autant vous dire qu’on attend les prochains avec impatience.

Ecouter l’album

Le Musée de la musique – Philharmonie de Paris

221 avenue Jean Jaurès – 75019 PARIS