A.Ecouter

Le Roi Arthus d’Ernest Chausson

Avec l’accident de bicyclette qui coûta la vie à Ernest Chausson en 1899, un splendide musicien français disparaissait prématurément à l’âge de 44 ans.

On ne retient souvent de lui que le fameux Poème pour violon et le Poème de l’amour et de la mer, qui montrent la qualité d’inspiration dont il était capable. Bien que réduite, sa production comporte d’autres aspects passionnants parmi lesquels un unique opéra, Le Roi Arthus.

Achevé en 1895 au terme d’une longue gestation, il fut créé à Bruxelles quatre ans après la disparition de son auteur et aura attendu… 2015 pour faire son entrée au répertoire de l’Opéra national de Paris. Enfin ! Sur un livret de sa main, inspiré par les amours de Lancelot et de la reine Genièvre, Chausson a composé une partition certes marquée par l’influence wagnérienne, mais qui n’en possède par moins une couleur propre, une cohérence dramatique et une puissance lyrique auxquelles il est difficile de résister.

On brûle d’autant plus de la découvrir que l’Opéra de Paris a fait les choses en grand. Roberto Alagna (Lancelot), Thomas Hampson (Arthus), Sophie Koch (Genièvre) : luxueuse distribution que celle qui évoluera dans la mise en scène de Graham Vick.

Autre atout, Philippe Jordan est à la baguette pour révéler les beautés envoûtantes de l’œuvre. Nul doute que le chef aura une pensée pour son père Armin (disparu en 2006) qui avait magnifiquement enregistré Le Roi Arthus en 1985… À propos de Philippe Jordan, notez que son cycle Beethoven se poursuit, le 18 mai à la Bastille, avec les Symphonies nos 6 et 8._A.C.