Le Temps des héros

Lieu chargé d’histoire musicale s’il en est à Paris que la salle du Conservatoire national d’art dramatique. La Symphonie fantastique de Berlioz y résonna pour la première fois en 1830 et c’est à cet endroit que deux ans auparavant, le 9 mars 1828, s’était tenue la création française de la 3e Symphonie de Beethoven, sous la direction de F.-A. Habeneck.

Avec cette “Héroïque” commençait la longue aventure de la Société des concerts du Conservatoire qui, en 1967, devait se transformer en Orchestre de Paris. On se rendra avec émotion au Conservatoire d’art dramatique cette semaine pour entendre le programme “Le Temps des héros” que l’excellent orchestre Le Palais-Royal, en résidence depuis trois ans dans cette salle, donne sous la direction de Jean-Philippe Sarcos. La flamboyante Symphonie “Héroïque” (1804), partition révolutionnaire et véritable acte de naissance de la symphonie moderne, ouvre la soirée. Plus de deux siècles après sa naissance, cette composition continue de nous surprendre, et les auditeurs présents au Conservatoire mercredi ou jeudi ne pourront s’empêcher de songer au choc reçu par le public de 1828 (parmi lequel figurait un certain Hector Berlioz)…

Un bonheur ne vient jamais seul : la 3e Symphonie sera complétée par quelques airs de Mozart : un air de concert (“Non temer amato bene” KV 490) et deux airs d’opéras (le “Come scoglio” de Così fan tutte et le “Dove sono” des Noces de Figaro) confiés à une remarquable jeune soprano française dont la réputation ne cesse de croître : Vanina Santoni. Mozart et Beethoven : duo gagnant !