​Le Timbre d’argent de Saint-Saëns

Une fantastique partition de Camille Saint-Saëns pour une histoire d’une inquiétante étrangeté. François-Xavier Roth et Guillaume Vincent nous font redécouvrir ce chef-d’œuvre.

De Saint-Saëns, compositeur à la longévité exceptionnelle (1835-1921), on ne retient qu’un opéra, Samson et Dalila, bien que son catalogue comprenne une douzaine de partitions lyriques. Après Proserpine, en version de concert à Versailles à la rentrée passée, le moment est venu de savourer Le Timbre d’argent (le premier opéra du musicien français) à l’Opéra-Comique, dans une mise en scène de Guillaume Vincent et sous la baguette de François-Xavier Roth. « C’est un opéra extraordinaire dans tous les sens du terme », s’enthousiasme ce dernier, avocat fervent de la musique de Saint-Saëns, au sujet d’une partition en quatre actes contant l’histoire d’un peintre, Conrad, amoureux de son modèle et relié à l’enfer par l’intermédiaire d’une sonnette d’argent. Autant dire que la dimension fantastique est prépondérante dans un ouvrage étonnant dont Fiammetta, le personnage féminin principal, est un rôle dansé et où Saint-Saëns met tout son art de la couleur orchestrale au service du drame. Inscrit dans le cadre du 5ème Festival Bru Zane à Paris, la résurrection du Timbre d’argent (daté de 1877 mais présenté ici dans sa version ultime de 1914) bénéficie d’une superbe distribution (Hélène Guilmette, Jodie Devos, Tassis Christoyannis, Edgaras Montvidas, Yu Shao, le chœur Accentus, l’orchestre Les Siècles) et augure d’une découverte qui comblera tous les curieux. Il n’y a pas que la Traviata dans la vie !

Les 9, 11, 13, 15, 17 et 19 juin à 20h (le 11 à 15h) à l’Opéra-Comique, place Boieldieu, 2e. M° Richelieu-Drouot. Téléphone : 0825 01 01 23. Places de 6 à 135 €.