Les 60 ans de l’Académie du jazz

L’expression « Académie du jazz » ne dit rien qui vaille, a priori. Son côté institutionnel ne correspond pas à la personnalité de l’un de ses fondateurs, le piquant Jean Cocteau, grand fan de jazz, qui en fut le président d’honneur en 1955.

« Le jazz est une pulsation », déclara-t-il. « Il se simplifiera ou se complexifiera selon les fièvres. Mais il ne s’agit pas d’une mode. » Quand des passionnés créèrent ce cercle, ils voulaient défendre une musique alors mal perçue (ou pas du tout perçue) dont les soutiens étaient prestigieux, de Boris Vian à Jean-Paul Sartre… Le jazz français comptait de formidables musiciens, comme les pianistes Martial Solal, René Urtreger, Eddy Louiss… En 1955, l’Académie décerna son premier prix au saxophoniste Guy Lafitte, et récompensera des dizaines de grands noms. Pour son soixantième anniversaire, elle a invité la somptueuse et invincible armada de Laurent Mignard, consacré au répertoire du maître Duke Ellington. Deux anciens lauréats de l’Académie, René Urtreger (1961), ancien complice de Miles Davis, et le violoniste Jean-Luc Ponty (1966) feront une apparition, réunis pour atteindre ce sentiment que Sartre décrivit si bien, « l’éclat étourdissant d’un instant ».