Les clips français les plus marquants de la décennie

A la fois beaux, drôles, émouvants, effrayants ou complètement déjantés, nombreux sont les clips qui nous ont marqués ces dix dernières années. Voici notre sélection des meilleurs clips français de la dernière décennie. (Et il n’était pas facile de choisir).

Hold Your Horses – 70 Million (2010)

Ce groupe de pop cuivrée franco-americano-belge basé à Paris a fait le buzz en 2010 avec un clip entièrement constitué de tableaux vivants. Degas, Monet, Renoir, Warhol, Leonard de Vinci, c’est toute une galerie mise en scène d’après une idée de génie du réalisateur, David Freymond, amateur de peinture. Parfait pour tester vos connaissances en histoire de l’art : arriverez-vous à reconnaître tous les tableaux ? Bricolée avec les moyens du bord et tournée en décembre dans un parking glacial de Pantin, la vidéo suscite même l’intérêt de la BBC qui leur a confié le générique de sa série documentaire « Les Impressionnistes ».

Woodkid – Iron (2011)

Derrière ce clip sublime dont tout le monde parlait en 2011, Yoann Lemoine, alias Woodkid. En parallèle de ses projets musicaux, ce réalisateur est un clippeur convoité et sa carrière essaime les grands noms : Moby, Lana Del Rey, The Shoes, Katy Perry… La vidéo d’Iron est la première d’une trilogie de clips de toute beauté, tous tournés en noir et blanc et mettant en scène un univers heroic-fantasy particulièrement léché.

Erevan Tusk – By The Larches (2012)

La réalisatrice Raphaëlle Tinland de Chez Eddy n’aurait pu offrir un plus bel écrin à la pop romantique d’Erevan Tusk. Poignante du début à la fin, la vidéo donne vie aux souvenirs d’une vielle dame qui s’ennuie et se souvient. Sublimé par des contrastes de couleurs et des plans irradiés d’une lumière diaphane, son passé d’amoureuse se love alors dans le refuge d’une douce nostalgie.

Indochine – College Boy (2013)

Aux manettes de ce clip d’une violence aussi insoutenable que délibérée, Xavier Dolan. Le cinéaste québécois excelle dans la mise en scène du malaise adolescent et cette vidéo ciselée, en noir et blanc, à l’esthétique glacée et terriblement pesante, le prouve une fois encore. Sujet d’une sacrée polémique en raison d’images très dures et d’un scénario poussé à l’extrême, ce clip illustre pourtant justement le harcèlement scolaire dans toute sa brutalité et son inhumanité.

Sébastien Tellier – Love (2014)

Avec cette vidéo psychédélique mettant en scène un univers exotique et sylvestre que n’aurait pas renié Le Douanier Rousseau, la réalisatrice Valentine Reinhardt accompagne à merveille cette mélodie tendre et délicieusement entêtante. Une esthétique naïve, une palette de couleurs dégradées et douces, quelques créatures fantaisistes, et un Sebastien Tellier nu à cheval sur un perroquet sont les éléments principaux de ce clip enchanteur et chatoyant.

Requin Chagrin – Adelaïde (2015)

Un clip qui envoie du pâté avant tout grâce à la performance incroyable du gymnaste rythmique Peterson Ceus qui fait preuve tout du long d’une grâce infinie (à l’image de ce titre délicat entre garage et pop). Devant la caméra de Simon Noizat du collectif Tago Mago Films, le jeune homme s’élance et virevolte dans un costume flamboyant et pailleté, et ne cesse de flirter avec l’apesanteur sous les regards impressionnés du jury et de ses rivales.

Naive New Beaters – Words Hurt (2016)

Les clips des Naive New Beaters sont souvent très cool (tous comme celui Jersey, de Heal Tomorrow en 360° ou encore de Shit Happens). Imaginée par Romain Chassaing, celui-là se démarque par sa dimension ludique. En effet, ce clip se présentant comme une sorte de jeu vidéo musical propose à l’internaute d’opérer un choix à la fin de chaque séquence. À la manière des livres dont vous êtes le héros, c’est ainsi au spectateur de décider des actions du personnage principal David Boring pendant cette vidéo truffée de références cinématographiques.

Futuro Pelo – Bluff ft. Agnès Aokky (2017)

Tiré du tout premier EP de ce tout nouveau projet solo de Benjamin Sportès (du groupe electro Sporto Kantès), ce titre s’inscrit illico parmi les tubes de l’été 2017.  Pour accompagner cette petite ritournelle légère et romantique, fraîche comme un soda que l’on savoure au bord d’une piscine, un clip réalisé en stop motion par Alexis Fraca. Pas moins de sept jours et près d’une centaine d’heures de tournage pour mettre en scène les aventures estivales du personnage central : Mr Bouche, dessiné par Benjamin Sportès lui-même.

La Fête est finie – Weekend Affair (2018)

Le groupe lillois de pop electro-discoïde s’invite à la sauterie de départ à la retraite de Bernard, sexagénaire mélancolique. Réalisé par Quentin Tavernier, ce clip doux amer raconte le passage de relais avec le jeune homme (réminiscence de Bernard plus jeune quand lui-même est arrivé dans l’entreprise ?) qui reprend son poste. Sous fond d’idylle naissante, tendre et violente, la fête bat son plein sous les néons avant de s’éteindre en douceur.

Black Bones – Destiny (2019)

On finit la décennie avec ce clip délicieusement rétro mettant en scène le groupe dans une parodie de l’édition 77 de l’Eurovision. Tout y est : les pattes d’éph’, les pulls moutarde à Coll roulé, les coupes de cheveux à la Beatles et les moustaches accompagnent parfaitement ce titre power pop, pétillant et polyphonique. Fruit d’une collaboration entre les agences Blokk* et Cirkus Prod et chapeauté par le chanteur du groupe Anthonin Ternant (ex-Bewitched Hands), la vidéo oscille entre kitsch et grandiose pour un rendu irrésistible.