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Les clips les plus marquants du moment !

Chaque mois, retrouvez une sélection des meilleurs clips du moment. Jeunes pousses ou artistes reconnus, du R’n’B au garage, de la chanson française au nu disco… Passage en revue des vidéos les plus marquantes, tous genres confondus !

Mac Demarco – Here Comes The Cowboy

A l’image de son dernier album, où son rock psyché lo-fi envoûtant revête une aura quelque peu neurasthénique, « Here Comes The Cow-Boy » ralentit le tempo à l’extrême. Une lenteur qu’on retrouve dans ce clip complètement barré, dont l’analyse sacrifie quelques neurones. Le personnage principal, sorte de roi extraterrestre souriant a priori en phase terminale, entame ce qui semble être son dernier voyage, flottant sur son fauteuil vers le grand large. Rassemblée autour de lui, une foule d’admirateurs composée de créatures bizarroïdes et hystériques (l’une d’entre elle évoque Jim Carrey, dans The Mask) et parées d’attributs perturbants comme des casques de réalité virtuelle, lui rend hommage. Pendant ce temps, un M&Ms géant virevolte dans le ciel en faisant des grimaces. Bref, KEEP MAC DEMARCO WEIRD.

Mohamed Lamouri – Ana Rani

Mélancolique et sublime titre d’ouverture de son premier album « Underground Raï Love », « Ana Rani » est une ballade Raï romantique et lancinante à souhait. Sa poésie est sublimée par la vidéo vaporeuse à l’effet Super 8 qui l’accompagne. La caméra suit le chanteur star de la ligne 2 arpenter sa ville, des sous-sols du métro aux rues lumineuses. Le clip, tout en retenue, explore les thèmes des déboires amoureux et de la solitude urbaine. Et si le Paris underground et charmeur est mis à l’honneur, il est surtout question d’évasion, notamment avec l’apparition d’un littoral enchanteur et fleuri.

Maud Geffray – Goodbye Yesterday

Pour accompagner cette pépite synth-wave issue de son album « Polaar », la chanteuse et musicienne électro-pop Maud Geffray a choisi de nous plonger dans un univers cyberpunk, sombre et lumineux à la fois. A grands renforts de plans urbains tentaculaires et de situations politiquement tendues, la vidéo instaure une dystopie à laquelle semblent vouloir échapper les deux personnages principaux. Tournant le dos à un monde futuriste et passablement glauque, ces derniers entreprennent en effet, juchés sur une énorme moto (coucou Akira !), un exode vers la lumière, le passé et la nature.

Why Mud – VHS

Après avoir joué aux dieux de l’Olympe dans leur précédent clip, les quatre joyeux lurons de Why Mud « s’envoient en l’air et se perdent dans l’espace » au gré de leur pop chargée en groove. Grands gamins devant l’éternel, ils ont cette fois choisi le cosmos comme terrain de jeu apocalyptique (décidément). Les clins d’œil eighties ne manquent pas, sans compter que le clip entier semble avoir été tourné dans une lampe à lave. Tour à tour cosmonautes, soudeurs et dresseurs de pieuvres, les musiciens endossent avec dérision tous les rôles pour parer au grand décollage, dans une vidéo au montage très hallucinogène.

Pearl and the Oysters – Mermaid Parade

Née de la rencontre entre deux multi-instrumentistes parisiens et le soleil de Floride, la pop tantôt alanguie tantôt guillerette de Pearl and The Oysters reste la meilleure source de vitamine D connue à ce jour. Tout comme le font leurs synthés, leur boîte à rythmes et leur tendance exotica, ce clip tourné en Super 8 illustre l’esthétique surf-vintage chère au groupe. « Mermaid Paradise », mélopée langoureuse issue de leur dernier album, se dote ainsi d’un écrin iodé délicatement rétro, à regarder en réservant ses billets pour Miami.

The Black Keys – Go

Après l’avoir expérimentée dans leurs précédents clips, Dan Auerbach et Patrick Carney, respectivement guitare et batterie du génial duo blues rock américain, savent maintenant que la violence ne résout rien. La vidéo commence par une mise en garde de leur manager, ce dernier les enjoignant vivement à se rabibocher après cinq ans de rupture – clin d’œil à leur retour après cinq ans de silence, avec leur nouvel album « Let’s Rock » qui sortira fin juin. Face à leur manque d’entrain, les deux protagonistes sont envoyés dans un camp de méditation new-age tendance hardcore. Sous l’effet de l’encens, des tambourins, des drogues hallucinogènes mais surtout de l’appât du gain, ce clip mordant se conclut par une réconciliation en demi-teinte.

Flying Lotus – More (feat. Anderson .Paak)

Un mois après la sortie de son clip « Fire is Coming » en featuring avec David Lynch, le producteur californien s’offre les services du réalisateur japonais Shinichiro Watanabe, ni plus ni moins que celui à qui l’on doit l’anime Cowboy Bebop. Le résultat ? Un clip magnifique et une animation ciselée, mettant en scène un super robot rappeur dans un désert stellaire. Cet univers cosmologique illustre à merveille le rap futuriste d’Anderson .Paak.

Black Bones – Destiny

La dernière édition de l’Eurovision vous a traumatisé ? On se console en imaginant l’un des meilleurs groupes de pop français du moment s’y présenter. Ce clip jubilatoire effectue un voyage dans les seventies et propulse les cinq musiciens sur la scène d’un radio-crochet vintage : « European Song Contest of Belgrade ». Entourés de danseuses professionnelles, ils entonnent alors leur single « Destiny », titre très power pop, prélude à un nouvel album attendu avec impatience. Parodie ou projection, la vidéo illustre en tout cas leur humour et un certain goût pour la mise en scène kitsch.

Fka Twigs – Cellophane

Après trois ans de silence, la Britannique opère un retour tout en douceur avec un nouveau titre poignant, où la mélodie au piano se fait discrète pour laisser sa voix atteindre des sommets. Dans le clip aussi, il est question d’ascension : après quelques prouesses acrobatiques et sensuelles autour d’une barre de pole dance, la chanteuse s’élance pour atteindre une sorte de Phoenix mécanique. Arrivée à sa portée, l’étrange bestiole l’absorbe avant de précipiter sa chute dans une mare de boue argileuse. Entre la symbolique d’Icare qui se brûle les ailes en approchant de trop près le soleil, le Phoenix qui évoque la résurrection et la glaise, la genèse et la création de l’homme, il semblerait que ce clip, à la réalisation par ailleurs splendide, aborde le sujet de la renaissance. De quoi rendre curieux vis-à-vis des futurs projets de la prodige du R’n’B expérimental !

Flavien Berger – Deadline

L’électro-pop magnétique de Flavien Berger s’empare de son sujet préféré : le temps. Le temps qui sépare, celui qu’on brûle de rattraper et celui qui oppresse. La vidéo qui accompagne « Deadline », à l’image des autres clips tirés de son album « Contre-Temps », aborde ainsi et de nouveau le thème de l’angoisse chronologique. Dans une voiture conduite par Quentin Caille (Johnkoôls Records) et entouré de son équipe, le chanteur entame une course contre la montre qui l’entraîne malgré lui à oublier l’heure d’été. Se mettant lui-même en scène, son flegme contraste avec la fébrilité d’un road-trip traversé de faisceaux lumineux et d’éléments temporels fantastiques, et accentue cette impression poétique de rêve éveillé commune à ses autres clips.