Les concerts de la semaine

Comme chaque semaine, retrouvez notre sélection des concerts de la semaine sur Paris !

Black Lips

En presque 20 ans d’activité, les Black Lips n’ont jamais trahi leurs idéaux : jouer vite, chanter fort (et parfois faux), cracher leurs tripes et leur fiel punk auto-dérisoire comme certains balancent des coups de poings dans une bagarre de saloon… Un mantra existential extrême mais fascinant, qui irrigue en profondeur la musique du quarter d’Atlanta. En huit albums (dont l’indispensable Let It Bloom sorti en 2005), la joyeuse bande emmenée par Cole Alexander (guitare/chant) et Jared Swilley (basse) a redonné un véritable second souffle à l’esthétique D.I.Y. chère à leurs modèles punk – notamment les anciennes gloires sudistes du 13th Floor Elevators, influence spirituelle clairement revendiquée par Cole Alexander.


© Ben Rayner

Un goût pour la tradition qui, paradoxalement, se traduit par un langage sonore aussi minimaliste que bruyant (cette manie de toujours se faire remarquer !) : guitares dépenaillées volées chez le Velvet, fulgurances mélodiques rappelant la beauté simple des chansons des Kinks, basses blues crasseuses déterrées d’une vieille station-service abandonnée, explosions vocals hurlées comme un grand cri d’amour – vache. La musique des Black Lips s’apparente à un mode de vie aussi incandescent qu’indécent. Et le dernier album en date du groupe, le jubilatoire Satan’s Graffiti Or God’s Art? paru au printemps dernier, pousse encore plus loin le (road) trip haletant en se payant le luxe de l’expérimentation bordélique et de la franche rigolade. Réalisé dans le studio de Sean Lennon dans l’État de New York et bénéficiant du soutien spirituel (?) et des chœurs extasiés de maman Yoko Ono, ce nouveau disque confronte au plus près génie et folie (le psychédélisme éthylique d’“Occidental Front”), audace et crasse (“Interlude ; Got Me All Alone”), énergie crue et plages narratives ludiques. De quoi présager de furieuses batailles émotionnelles sur scène ; lieu de tous les excès pour des Black Lips toujours ravis de nous présenter la face sauvage de l’Amérique.

Lundi 13 novembre à partir de 19h30, au Trabendo, Parc de la Villette, 211, avenue Jean-Jaurès, 19e. M° Porte de Pantin. Places: 23,10 €.

Van Morrison

Le souffle du vent et l’éclat solaire qui hantaient l’album Astral Weeks résonnent encore à nos oreilles. Ce chef-d’œuvre a 50 ans, et il n’a pris aucune ride. On peut écouter aussi Moondance (1970) ou Saint Dominic’s Preview (1972), deux autres disques miraculeux d’une trilogie impeccable, sortis en quatre années à peine, embaumés par une voix chaleureuse, des cuivres toniques, une poésie panthéiste où folk et jazz marivaudaient délicatement.


© DR

Le Van Morrison de l’époque, âgé de 30 ans, avait la grâce, il créait des chansons épiques. Il était la fierté de l’Irlande, le portevoix des prolos de Belfast, et puis le temps a passé. Van a grossi et les chefs-d’œuvre se sont faits plus rares. L inspiration, celtique, n’a pas séduit autant, le poussant dans cette zone incertaine des musiciens de rock notables réduits à honorer les réunions who’s who. Son nouvel album, Roll With The Punches, consacré au vieux blues de sa jeunesse et à la soul, n’en est que plus attirant, tellurique, rêche, bringuebalant comme une vieille automobile sur les champs du Mississippi. Elle fait de lui vendredi, salle Pleyel, le phare du festival Blue note, cet “ordinary people” qu’il chante si bien. Revenu parmi nous.

Vendredi 17 novembre à 20 h. Salle Pleyel. 252, rue du Faubourg Saint-Honoré, 8e. M° Ternes. Places: 71 €. Tél. : 01 76 49 43 13.

Schubert et Glass en dialogue

Avec Haydn, Mozart et Beethoven, Franz Schubert fait partie des pères fondateurs de la littérature de quatuor à cordes. 1797-1828 : d’une cruelle brièveté, l’existence du musician autrichien aura été marquée par une extraordinaire floraison créatrice dans tous les domaines. En musique de chambre, le quatuor à cordes l’a beaucoup attiré: du 1er, œuvre d’un adolescent d’une quinzaine d’années, au 14e (“La Jeune Fille et la Mort”) et 15e Quatuors (1826), sa production dessine une saisissante évolution que le Quatuor Manfred invite à mesurer en l’espace de sept concerts qui seront en fait le cadre d’une double intégrale. Parallèlement à ceux de Schubert sous les archets de Manfred, on découvrira en effet les sept Quatuors de l’Américain Philip Glass (dont 2017 fête le 80e anniversaire), écrits entre 1966 et 2014. Pour cette partie contemporaine, les Manfred céderont la place à divers jeunes quatuors à cordes.
Le week-end qui arrive permet d’écouter les Quatuors nos 1, 7 et 13 (le 17), 6 et 14 (le 18), 3, 8 et 12 (le 19) de l’Autrichien, ainsi que les Quatuors nos 1 et 2 de Glass par le Quatuor Yako et le n° 4 par le Quatuor Varèse. Passionnante confrontation en perspective !


© Laura Gauthier

Les 17 et 18 (à 20h30), le 19 (à 12h), puis les 24, 25 et 26 novembre. Collège des Bernardins, 20, rue de Poissy, 5e. M° Maubert-Mutualité.
Places : 15-20 €, Pass week-end: 40 €. Tél. : 01 53 10 74 44.

Sandra Nkaké au Café de la danse

Cette chanteuse francocamerounaise est en pleine ascension depuis quelques années. Elle chante, joue la comédie. On l’a vue dans le beau film de Lucas Belvaux Pas son genre (avec Émilie Dequenne). Mais c’est bien sûr comme musicienne qu’elle est plus connue. Et elle vient de sortir un excellent album, Tangerine Moon Wishes (son troisième), une œuvre aussi aérée que le désert, sublimée par la flûte, la voix grave de l’artiste, et des chansons limpides avec des superbes profondeurs de champ (et de chant). L’onirique voix soul de Sandra Nkaké nous fait joliment décoller.


© DR

14 novembre soul Sandra Nkaké au Café de la danse À 19h30. 5, passage Louis-Philippe, 11e , M° Bastille. Places: 25 €. Tél. : 01 47 00 57 59.

Thé baroque

L’esprit du Festival Marin Marais se prolonge avec la série Thé baroque. Chaque dimanche (jusqu’au 17 déc.) l’intimiste cadre du 38 Riv accueille une anthologie en cinq concerts des cinq Livres de pièces de viole de Marin Marais. Du Premier, daté de 1686, Jean-Louis Charbonnier (viole) et Mauricio Buraglia (théorbe) ont retenu les pages les plus saillantes pour un programme accordé aux couleurs de l’automne.


© DR

19 novembre classique Thé baroque À 17 h, 38 Riv., 38 rue de Rivoli, 4 e . M° Hôtel de Ville. Places : 15 €. www.38riv.com