Dans les coulisses du festival Pete The Monkey

C’est après un voyage en bus (affrété par le festival) à l’ambiance régressive de colonie de vacances que nous avons débarqué le week-end du 14 juillet 2018 dans un petit coin de paradis au bord de l’eau, plus précisément en Normandie. Pendant trois jours de fête, nous avons été ensorcelés par la magie du festival Pete The Monkey, meilleure alternative possible au bal des pompiers en mode liberté, égalité, concerts pailletés.

 

Festival Pete The Monkey : une programmation visionnaire

Pour sa septième édition, Pete (pour les intimes) a décidé de voir les choses en un peu plus grand, fixant la jauge à 3.500 festivaliers par jour – ce qui ne l’a pas empêché de vendre la totalité des places en une après-midi. Habitués et curieux ont acheté leurs billets les yeux fermés, avant même que la programmation ne soit annoncée. Bien leur en a pris, celle-ci s’étant révélée comme tous les ans éclectique, défricheuse et décomplexée. Le Fair ne s’y est d’ailleurs pas trompé, incluant dans ses lauréats 2019 plusieurs artistes passés par le festival ces dernières années : Chaton, Malik Djoudi, Voyou, Terrenoire, Tshegue et La Chica.

 

Le partage pour mot d’ordre

Tout a commencé par la fameuse vidéo d’un singe (prénommé Pete donc) faisant la vaisselle. Devenue virale, elle aboutira à la fondation de l’association Pete The Monkey puis du festival éponyme, avec pour but de récolter des fonds pour financer la construction de la plus grande réserve de singes de Bolivie, Jacj Cuisi, gérée par la Comunidad Inti Wara Yassi.

Et c’est dans ce même esprit de partage que les festivités ont été pensées. Au gré de nos pérégrinations sur le site, nous croisons toutes sortes de performers (acrobates, danseurs ou comédiens), entraînant les flâneurs dans leur candide ferveur. Divers ateliers-découvertes (peinture, sérigraphie, coiffure, yoga, etc.) sont également proposés pour petits et grands, ainsi que des projections et des conférences sur des sujets ultra-variés. Tout est pensé avec amour et humour, peaufiné jusqu’au moindre détail, entre poule (!) à facette, autel pour se déclarer sa flamme et facteurs du cœur apportant des messages bienveillants. Et puis quoi de mieux que d’aller nager face à des falaises ensoleillées avant d’assister aux premiers live de la journée ?

 

Public enjoué, musiciens comblés, concerts de qualité

La musique justement, parlons-en. On sent tout de suite que les artistes se sentent ici comme en famille, certains venant jouer pour la troisième fois. Et ce n’est pas anodin si malgré la fatigue et les kilomètres enchaînés (Dour et les Franco ont lieu le même week-end), ils sont tous clairement surexcités à l’idée d’y jouer. D’ailleurs côté backstage, cela s’en donne à cœur joie, entre Parcels qui gratifie les gens présents d’un petit set acoustique pour tuer le temps ou Fishbach feat. Bumby qui entament un chant totalement improvisé à la gloire de Charleville-Mézières, ville dont est native la première.

 

Les concerts ont évidemment envoyé le public vers la stratosphère. Entre le show survolté de Bagarre (dont certains membres avaient dansé la veille jusqu’à tard dans la nuit devant le camion bazar), le back to back d’anthologie entre Roscius (lequel avait déjà conquis la foule avec ses camarades du power pop trio Evergreen) et Jacques (qui, lorsqu’il n’était pas sur scène, se trouvait régulièrement parmi les premiers rangs), l’incroyable set de Forever Pavot et la transe collective devant Johan Papaconstantino, il y avait de quoi faire. Sans oublier les découvertes en pagaille : Uto et sa chanteuse barrée, l’intense rappeuse Belge Blu Samu, l’enchanteur Helvète Muddy Monk et les cousins zinzins d’Otzeki.

 

L’ambiance si particulière est évidemment créée en grande partie par l’état d’esprit des festivaliers, qui vivent ce week-end hors du temps, entre déguisements et sourires déments. Mais cette totale réussite sur tous les plans, c’est avant tout à l’équipe d’orga qu’on la doit. De l’accueil à la prod en passant par la sécu et la régie bar, ce sont eux qui font qu’à Saint-Aubin, on se sent si bien.