Les temps forts de Rock en Seine 2018

L’événement musical de la rentrée parisienne nous a donné rendez-vous le week-end dernier pour sa 16e édition. Lumière sur les artistes qu’il ne fallait surtout pas louper.

Le groove endiablé de Parcels

 

Bassiste de Parcels
Noah Hill de Parcels. Crédits : Olivier Hoffschir

 

Ca sent la douce Californie des années 70, l’été qui se finit mais qui a été exquis : sans surprise, le groupe Parcels en live n’est rien d’autre qu’une tuerie. Très vite, l’électro/funk du quintet australien fuse à mesure que leurs chansons, toutes déjà phares, s’enchaînent. Older, MyEnnemy, Gameofluck… sont toutes accueillies avec le même émoi. Mention spéciale pour Tieduprightnow et Overnight, les deux petits tubes du groupe qui suscitent le plus de cris.

Le groupe offre également un avant-goût de son album prochain et livre quelques nouvelles chansons. De son côté, la foule s’agite à mesure que les mèches rebelles des musiciens dansent follement. C’est que Parcels aime se réinventer : des harmonies magnifiques en acoustique aux petites danses de Noah Hill (basse) et Jules Crommelin (guitare), sans parler des versions berlinoises de Gameofluck ou Overnight, sensiblement plus techno… Il n’y a pas à dire, ce petit groupe indie a déjà tout d’un grand classique. A (re)découvrir sans hésiter lors de leur passage à l’Olympia au mois de novembre prochain.

 

L’aura de SG Lewis

 

SG Lewis
SG Lewis. Crédits : Olivier Hoffschir

 

Il est anglais, il fait de l’électro douce et son sourire est éclatant : SG Lewis, de son vrai nom Sam Lewis, est véritablement heureux d’être sur scène, et cela se voit, autant que cela se ressent. Sa musique a mille saveurs. Elle est moderne lorsque purement électronique (Sunsets part 1, Sunsets part 2). Plus intemporelle lorsque ses sonorités groovy nous emmènent vers des eighties révolues (Aura, Coming up).

Malgré un passage sur scène relativement tôt (à 16h le samedi), le producteur SG Lewis, accompagné de ses chanteurs, réussit au fil des minutes à remplir la fosse de la scène Cascade, car son « aura » ne trompe pas. Une pépite acidulée qui se laisse apprécier comme un mojito sous 30 degrés.

 

La pop lascive de Cigarettes After Sex

 

Cigarettes After Sex
Greg Gonzalez de Cigarettes After Sex. Crédits : Olivier Hoffschir

 

Difficile de ne pas quitter la terre ferme sur la pop aigre-douce de Cigarettes After Sex, planante à souhait. Instantanément, un charme mélancolique s’abat sur la foule, dès les premières notes d’Each time you fall in love. Et le groupe d’enchaîner ses célèbres chansons. Sweet, Sunsets, K, Nothing’s gonna hurt you, Apocalypse…. Les grands classiques du groupe défilent devant une audience émue et silencieuse. On n’aura pas trouvé mieux pour regretter la fin de la belle saison.

Cœurs fragiles, prenez garde cependant. Leur live vous donnera envie de tomber amoureux, de vous éprendre sauvagement du premier (ou non) venu. Pour la beauté du geste et la musicalité de l’instant.

 

La grâce de Tamino

 

Tamino
Tamino. Crédits : Christophe Crenel

 

Attention, il vous retournera l’âme. Sa voix nous ensorcelle, sa délicatesse nous bouleverse. Le chanteur belgo-égyptien a le chic de nous hérisser le poil l’air de rien. C’est qu’il ne faut que quelques chansons à Tamino pour nous atteindre plein cœur de ses envolées poignantes, tantôt abyssales tantôt célestes. Nous reconnaissons les sublimes Indigo Night ou Cigar issues de son EP.

Très vite, nous sommes déjà mélancoliques d’un live qui touche presque à sa fin. Et puis Tamino de bredouiller timidement « qu’est-ce que je peux dire… Je vais dire rien et c’est fini ». Ce beau moment de grâce s’achèvera sur « Habibi », le single phare de l’artiste, probablement le plus bouleversant, car lorsque Tamino s’époumone de sa voix troublante, c’est bien nous qu’il laisse sans voix. Un moment d’émotion à revivre sans modération lors de son passage au Café de la danse le 19 novembre prochain.

 

L’énergie de Macklemore

 

Macklemore devant la foule de Rock en Seine en furie. Crédits : Christophe Crenel

 

Lorsque nous arrivons devant la foule bouillante de la Grande Scène qui s’étale à perte de vue, nous le savons déjà : ce live sera spécial. L’arrivée en fanfare du célèbre rappeur américain ne nous contredira pas.

Très vite, le rappeur et son crew (composé de moult chanteurs, chœurs et autres danseurs) entonnent le tube Ain’t Gonna Die Tonight devant une foule en effervescence. Macklemore annonce qu’il s’agit là de la dernière date de sa tournée européenne, et qu’il compte bien faire de sa « ville préférée sur terre » la meilleure scène de sa tournée. Il ne se sera pas trompé. Quelques minutes et chansons plus tard, le showman de déclarer « c’est à cela qu’un festival devrait ressembler » à son public fougueux. « Il y a un esprit que je sens ici, il y a de l’amour… » poursuivra-t-il fièrement.

Et le rappeur de poursuivre avec les tubes qui ont fait ses premiers succès. And We Danced, Thrift Shop, Can’t Hold Us… sonnent tous comme les hymnes de notre adolescence déchue et résonnent superbement au sein d’une foule en transe.

Quand il n’est pas occupé à soulever les foules, Macklemore distille d’honorables discours d’amour et de paix. Il introduira notamment sa touchante chanson « Same Love » , qui défend l’amour sous toutes ses formes et dans toute sa diversité, en sensibilisant son public à la tolérance et la paix, en vomissant au passage sur l’élection de son président Donald Trump.

En plus de nous impressionner par son charisme de showman ou par son flow irréprochable, Macklemore nous touche par ses bons sentiments. On ne peut qu’adhérer pleinement.

 

À suivre

Lord Esperanza

 

Lord Esperanza. Crédits : Olivier Hoffschir

 

Il a retourné la scène en folie de l’Industrie par son flow : Lord Esperanza est un jeune rappeur parisien qui brille par son sens de la formule et ses atmosphères musicales envoûtantes. Un talent à (re)découvrir le 8 mars 2019 à la Cigale.