Love for Chet

Le trompettiste Chet Baker reste l’un des grands mythes du jazz, malheureusement plus pour sa vie dissolue, son autodestruction et sa mort (il s’est jeté par la fenêtre d’un petit hôtel d’Amsterdam, le 13 mai 1988) que pour sa musique finalement assez méconnue.

Le grand public se souvient du crooner de « My Funny Valentine », comme il avait aimé, en oubliant le meilleur de son œuvre, le disque gospel de Louis Armstrong à la fin de sa vie (« The Good Book »). Heureusement, les musiciens continuent de défendre celui qui incarne, au milieu des années 1950, l’âge d’or du jazz de la west coast. L’infatigable héritier, Stephane Belmondo, publie un bel album hommage, Love For Chet (référence au « Love For Sale » de Chet). Dans cette célébration, en trio, sans piano ni batterie, il tient le bugle, espérant approcher son idole. Et comme nous sommes au festival de Saint-Germain-des-Prés, il a investi un endroit original, le Musée de Cluny, qui accueille pour la première fois un concert de jazz. Voilà une surprise qui aurait amusé Chet Baker.