Lucky Peterson

Le New Morning lui convient finalement mieux que les grandes scènes où il se croit obligé de faire un show à l’américaine, avec passages obligés dans le public, et toutes sortes d’acrobaties sonores un peu inutiles pour accrocher un public avide de spectacle. Car le guitariste, organiste et chanteur Lucky Peterson est un bon musicien, lorsqu’il n’en fait pas trop.

Héritier des splendides figures du blues, comme en témoigne le beau titre de son nouvel album, The Son Of A Bluesman. Il fut, rappelons-le, cet enfant prodige débarqué à l’âge de cinq ans, sous les mânes d’un père musicien et du maître à jouer du blues de l’époque, Willie Dixon. Il a grandi dans un club de Buffalo, éblouissant le monde par sa dextérité. Puis, Lucky a perdu ce que son prénom lui promettait, égaré dans des problèmes personnels, indécis sur l’orientation à donner à son œuvre, avant de gagner, à 51 ans, la palme du retour inespéré de l’année 2015. The Son Of A Bluesman mélange avec bonheur le soul, le blues et un peu de gospel, sans cette esbroufe agaçante qui a souvent plombé sa carrière. Et le public a suivi, remplissant les salles de ses concerts. Sur la scène du New Morning, il se produit aux côtés de son épouse chanteuse Tamara.