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Lyon et sa région fêtent la musique

La métropole du Rhône-Alpes était déjà surnommée la ville électronique. A l’occasion de la Fête de la Musique, amateurs et professionnels investissent des scènes et podiums improvisés. L’occasion d’entendre de nouveaux musiciens et d’autres figures plus connues comme le groupe Zebda à Firminy ou encore l’incomparable Sanseverino dont la réputation n’est plus à faire. Voici notre sélection.

1. Nazca et Logar

Dj Waxime Photo Tony Lopez

Pour fêter l’été, le Ninkasi met à l’honneur les vainqueurs du Ninka Tour et du Tremplin Découverte. Soit le groupe Nazca et le chanteur et guitariste Logar. Les premiers déploient des airs candides sur une musique acoustique où la guitare et le ukulélé sont à la fête. Nazca, qui signifie « naissez » en espagnol est un bel espoir, catégorie pop-folk pimpant, qui revendique les influences aussi diverses de Cocoon, Lilly Allen ou The Kooks.

On ajouterait volontiers CocoRosie et Rachael Dadd. Avec Logar, il est aussi question de folk, mais le sien, plus grave, oscille entre spleen et idéal. On aime assez cette voix qui sort du lot et ce jeu en arpèges qui évoque immanquablement les maîtres du genre : Nick Drake et Elliott Smith. Il est parfois épaulé par une batterie et par une basse. Côté DJs résidents, les habitués reconnaîtront Maggy Smiss, adepte de sons électro, pop et groove. Sans oublier DJ Waxmine, ancien percussionniste dans des groupes de rock alternatif à punk, passionné aujourd’hui par les musiques électro et house. Tous les ingrédients sont réunis pour une soirée avec du relief.

Le Ninkasi à Gerland, 267, rue Marcel Mérieux. À 19h. 

2. Livity Reggae Zion High Foundation

Comme l’an passé, le collectif pose son soundsystem du côté de la gare Saint-Paul pour une journée consacrée à la musique jamaïcaine. On pourra y manger “ital” dès l’heure du déjeuner, avant de se lancer dans une partie de dominos, jeu très prisé sur l’île de Bob Marley. Les choses sérieuses commencent à partir de 17h, avec une sélection de selectors locaux (King Hifi Full System, Dreadlockless Sound, KungFu Crazy & Shane Gully Bassline…).

Suffisant pour se chauffer avant l’arrivée du toaster anglais Charlie P, dont on a pu entendre le flow sur des morceaux d’OBF ou sur les albums des Écossais Mungo’s Hi Fi, un des crews les plus en vue de la scène reggae actuelle.

Gare Saint-Paul. De 11h – 1h.

3. Zebda à Firminy

Zebda Photo DR

S’il s’agissait d’une chronique de football, en période de mercato, on dirait que Firminy a réalisé l’un des gros coups de l’été. En effet, enrôler les Toulousains de Zebda le soir de la Fête de la musique est la garantie de remplir la place du Breuil, d’une bonne ambiance et d’une musique énergique dotée d’un propos. Parce que les cinq complices ne sont pas seulement les auteurs du succès Tomber la chemise. Que l’on se replonge dans leur discographie pour s’en convaincre, avec à l’origine le très contestataire L’Arène des rumeurs (1992), suivi de près par Le Bruit et l’odeur (1995).

La formule entre rock et reggae évoque parfois un équivalent français de The Clash et de The Specials. L’an passé, Comme des Cherokees (2014) voyait Zebda signer un nouvel album après leur retour en 2012. L’engagement est toujours là. Mais le groupe n’a jamais renié son versant festif. Comme quand il se remémore son goût pour la musique de Motown et le funky… Avec l’accent de Toulouse, prononcez « founké » !

Place du Breuil. À 20h.

4. Sanseverino : Le petit bal retrouvé

Sanseverino Photo Philippe Delacroix

On a connu Sanseverino chantant avec un sourire en coin sur fond de guitare jazz manouche. On sait peut-être moins qu’il s’est penché, en 2014, sur les répertoires de la chanson française de 1930 à 1970. Le titre de l’album faisant référence à la chanson poignante popularisée par Bourvil : Le Petit bal perdu. Un crédo qui pourrait voir la Fête de la musique se teinter d’une lueur de nostalgie…

A moins que l’ambiance ne tourne à la guinguette, avec la guirlande d’ampoules colorées qui va avec, quand retentiront des airs de Trenet, Chevalier, Sablon, Vian ou Brassens. Une manière de clore le festival la Rue des artistes en piochant dans le patrimoine français de la chanson.

Place de la Liberté. À 21h30.