Melody Gardot à l’Olympia

L’arrivée de Melody Gardot ne sera pas passée inaperçue : s’aidant d’une canne, le visage mangé par des grosses lunettes et d’épais cheveux blonds, dotée d’une voix charmeuse, très douce, l’artiste ressemblait à une étrange diva, marquée par une histoire difficile.

 A 18 ans, elle s’était fait renverser à vélo par une voiture et avait eu le bassin brisé. Mais ce qui la distinguait, c’était avant tout la qualité de son deuxième album, My One And Only Thrill (2009), un disque de jazz pop au swing efficace, nappé de cordes (plus d’un million d’exemplaires vendus).

Depuis, son étoile a légèrement pâli. Elle a voulu changer, proposer un disque voyageur entre le Portugal, l’Argentine et le Brésil (2012), et a sombré dans le cliché. Son titre, The Absence, trahissait d’ailleurs le manque de présence d’une musicienne dépassée par son projet. Sa dernière œuvre, plus soul, Currency Of Man (2015), l’a remise un peu sur les rails, même si elle n’a pas retrouvé la magnifique inspiration de son chef d’œuvre.

Il reste heureusement son domaine privilégié, la scène, où son charisme éblouit un public toujours demandeur (on annonce deux nouvelles dates à l’Olympia, les 10 et 11 avril 2016). A 30 ans, Melody demeure l’une des plus grandes voix du jazz vocal.