MORIARTY INVITE AFRICOLOR

Le passage de Moriarty à la Dynamo de Banlieues Bleues peut s’entendre comme une parenthèse. Un pas de côté, tandis que la troupe folk et americana est engagée dans la vaste tournée française de son quatrième album : Epitaph, déjà disque d’or.

L’affiche du soir intitulée « Moriarty invite Africolor » rappelle les concerts qui ont suivi leur précédent disque de reprises de chansons folk et blues des années 1920 et 30 : Fugitives (2013). On a notamment en tête la participation remarquée, par petites touches de n’goni (instrument à cordes pincées d’Afrique de l’Ouest), du musicien malien Moriba Koïta. Lui, trouvant que ce folk ancien a quelque chose de la musique peul.

On se souvient aussi que le père de Rosemary, Wayne Standley, était sur les planches pour l’occasion, au chant, à la guitare et à l’harmonica. Ce soir, d’autres voix encore se joindront à eux et à l’aventure métissée : le chant grave et profond de Christine Salem, en provenance de la Réunion et la chanteuse Marjolaine Karlin. Remi Sciuto (flûtes et saxophone) et Salvador Douezy (percussions) complèteront le large panel de tonalités. 

En somme, Moriarty invite des musiciens qu’ils ont croisés en cours de route. Ou plutôt, sur la route, pour reprendre le titre du roman de Jack Kerouac dont le nom Moriarty est issu. Un groupe dont la raison d’être semble bel et bien d’aller à la rencontre des publics. Malgré les circonstances récentes. Voir le message que Moriarty a publié le 19 novembre : « Notre batteur Eric a été grièvement blessé au Bataclan vendredi 13. Il est maintenant hors de danger, mais il ne pourra pas jouer pendant de longs mois. Nous avons décidé de maintenir notre tournée. Pour lui, pour les gens, pour les salles de concerts, pour nous tous, pour vivre ». Une dernière phrase qui sonne très juste.