Nick Sabine : “La scène électronique donne une image positive de Paris”

Né en 2001 en Australie, le site Resident Advisor (RA) est devenu la référence pour les amateurs de musique électroniques (qui sont 3 millions à le fréquenter tous les mois), que ce soit pour ses agendas de soirée par ville, ses focus artistes ou ses films sur les scènes du monde entier, de Johannesburg à Paris. On a rencontré Nick Sabine, cofondateur de RA, qui évoque le développement de la nuit parisienne.

Resident Advisor participe depuis ses débuts à l’institutionnalisation de la musique électronique mondiale. Comment jugez-vous le potentiel de la scène parisienne ?

Depuis le début de RA, nous traitons la musique électronique comme un art. Et c’est important que le public la considère ainsi. Les autorités et les institutions doivent comprendre qu’il ne s’agit pas seulement d’aller dans une warehouse et ne pas dormir pendant deux jours. C’est bien plus que ça. C’est une communauté globale de gens super talentueux, qui créent des choses intéressantes et ajoutent leur pierre au paysage culturel des villes. Et Paris est un exemple parfait. En parlant avec des Parisiens, je sens l’excitation et l’enthousiasme depuis cinq ans. La scène électro apporte une énergie contagieuse dans la jeunesse. Elle a fait de Paris une destination plus prisée, pas seulement en termes de tourisme, mais pour s’y installer. Elle inspire la scène artistique de manière générale. Des musiciens incroyables ont commencé à Paris et tournent partout dans le monde. Ce sont des choses qui résonnent chez d’autres gens, et ça donne une image positive de la ville.

Quelles sont les pays et les villes qui ont le plus progressé sur Resident Advisor ?

En termes de pays, les USA, la France et l’Italie sont les secteurs les plus prometteurs. Pour les villes, le trio de tête est composé de Los Angeles, Paris et Amsterdam. La France est la ville qui croît le plus vite sur les douze derniers mois en termes de lecteurs. C’est une bonne surprise pour nous.

Le but de Resident Advisor est-il toujours de défricher, en mettant en lumière des soirées et des scènes qui ne sont pas couvertes ailleurs ?

Oui, toujours. Quand on a commencé il y a quinze ans, l’idée était de permettre à d’autres de découvrir les musiques qu’on aimait. Outre les artistes, recenser les meilleures fêtes de la planète est une part importante de notre modèle. On a 3 millions de lecteurs mensuels maintenant, et savoir qu’on peut diriger le public de RA vers des événements qui n’auraient jamais eu autant d’attention est quelque chose d’excitant. On écrit sur les choses qui nous semblent stimulantes, et la plupart du temps, ce sont des petites fêtes. On n’a donc pas fini de découvrir des choses.

Quel est le futur pour RA ? Avez-vous déjà eu des tentatives de rachat par de plus gros poissons ?

Certains ont voulu entamer des discussions, mais nous ne sommes pas à vendre. Nous sommes complètement indépendants et nous souhaitons le rester. Je pense que c’est une de nos forces, reflétée dans notre façon de faire du journalisme. On veut se développer partout, et notamment dans les villes non anglophones.