Nuits Sonores 2018 : nos coups de cœur à ne pas rater !

Récoltant à chaque édition son flot de superlatifs habituels pour sa programmation ultra dense, sa promotion des musiques électroniques et sa capacité à transcender la capitale des Gones sous le soleil comme les étoiles, les Nuits Sonores reviennent du 6 au 13 mai. De quoi donner envie à A Nous Paris de proposer ses coups de cœur aux nombreux Parisiens tentés de faire des infidélités au Rex et à Concrete pour se rendre à Lyon afin d’expérimenter l’éclectisme de l’un des plus grands festivals français actuels.

 

 

Le mardi 8 mai : un trip entre Cologne et Washington


 

 

On commencera par un sacré dilemme avec cette journée qui verra d’un côté Jennifer Cardini utiliser à bon escient les clefs qui lui a remis le festival et, de l’autre, Kamasi Washington donner un concert spécial à l’Auditorium. Si vous avez déjà eu l’occasion de voir en live l’auteur de l’explosif The Epic (ou que vous n’avez simplement pas envie de vous plonger dans un show de free jazz progressiste complètement barré), on vous conseillera d’aller à La Sucrièrela DJ-productrice française à la crinière grise proposera trois plateaux relevés de 15 h à 22 h, chacun composé d’artistes bien souvent porteurs d’une techno-house psychédélique, style qui a fait la renommée de son label Correspondant, lancé à Cologne en 2010. Sur place, c’est le line-up de l’Esplanade qui nous fera de l’œil avec une apparition d’I:Cube, héros discret de cette France qui tape du pied, des sets de l’espagnol Javi Redondo et du norvégien Skatebård, tous deux capables de fulgurances disco-techno-ésotériques, et un b2b de clôture entre le néerlandais Job Jobse et la maîtresse de cérémonie.

 

 

 

Le mercredi 9 mai : une virée en Hollande


Après Séoul en 2016 et Lisbonne en 2017, les Nuits Sonores ont décidé de laisser leur carte blanche à Amsterdam, ville éminemment réputée pour sa frénésie électronique, qui abrite notamment le démentiel Dekmantel Festival ou l’immense raout annuel qu’est l’ADE. Proposée au Centre Nautique Tony Bertrand les 8, 9 et 10 mai, elle réunira à partir de 15 h ce mercredi trois représentants de l’autre pays du fromage : Izabel, la DJ à la tête du label Lullabies for Insomniacs, le producteur Dollkraut (ici en live), auteur de l’envoûtant Holy Ghost People l’an dernier, et Parrish Smith, enfant terrible de l’électro-foutraque.

 

Le hasard (ou plutôt la prog’ des Nuits Sonores) faisant bien les choses, cette carte blanche se terminera à 21 h. Ce qui vous laissera le temps de vous rendre aux anciennes usines Fagor-Brandt pour la « Nuit 1 » du festoche qui, de 21 h 30 à 5 h du matin, accueillera pléthore d’artistes. Et comme on aime bien la continuité, on vous suggéra d’opter pour l’ambiance de la Halle 2 qui, après des performances de DJ Okapi, Richard Foe, Tshegue et DJ Lag, se terminera en apothéose avec un b2b opposant deux figures majeures du label amstellodamois Rush Hour, Antal (son cofondateur) et Hunee.

 

 

 

Le jeudi 10 mai : un nouveau passage par Dam’ et un gros marathon nocturne


Pour ce jeudi, on repartira sur des bases hollandaises avec le dernier volet de la carte blanche attribuée à la Venise du Nord (tant pis pour la soirée « curatée » par Daniel Avery à La Sucrière). Direction le Centre Nautique Tony Bertrand donc, pour assister à trois sets explosifs de 15 h à 21 h. Une bonne opportunité pour se confronter à la science musicale de plusieurs DJs plutôt coutumiers du mélange des genres, comme Olaf Boswijk, cofondateur du jeune (mais réputé) club De School, Orpheu The Wizard, cofondateur de la Red Light Radio et notre Gilb’R national, ici en b2b avec Oceanic de l’écurie Nous’klaer Audio.

 

 

Remonté à bloc après cette première partie de journée, vous aurez ensuite l’embarras du choix pour dépenser votre trop-plein d’énergie, la « Nuit 2 » se déroulant jusqu’à 7 h du matin sous la forme d’un circuit divisé en 17 étapes vous menant de l’Ambassade Club au Transbordeur. Un sacré périple qui vous demandera d’être bien organisé au départ afin de ne pas louper LA prestation de la soirée auxquels pourront probablement prétendre Fred P aka Black Jazz Consortium (en DJ set, de 2 h à 4 h au Bellona), DJ Boring (en DJ set, de minuit à 4 h à La Plateforme), Monoloc (en DJ set, de 1 h 30 à 4 h au Petit Salon) ou encore Antigone (en DJ set, de 3 h à 5 h 45 au Ninkasi).

 

 

 

Le vendredi 11 mai : de la house, rien que de la house


Vous aimez la house ? Celle qui donne immédiatement le « smile » et l’envie de lever les bras en l’air comme pour mieux attraper au vol les bonnes ondes qu’elle émet ? Cela tombe bien car, pour la « Nuit 3 », la Halle 1 des anciennes usines Fagor-Brandt abritera un plateau dantesque, combinant acteurs cultes du genre et jeunes talents insolents venus d’un peu partout. Vous voyagerez ainsi de Chicago (avec l’indéboulonnable taulier Mr Fingers aka Larry Heard en live) à Belfast (le duo Bicep, qui a accouché d’un gros premier album en septembre dernier) sans oublier de faire un détour par Lyon (fièrement représentée par le DJ-producteur local Folamour, lui aussi très en forme en ce moment) et New York (avec Underground Kaoz, l’association du patron Kerri Chandler et du frenchy Jeremy Underground). Une soirée d’ores et déjà mémorable.

 

 

 

Le samedi 12 et le dimanche 13 mai : du repos et un feu d’artifice final


Ce samedi pourrait n’avoir qu’une seule vocation, celle de glander bien comme il faut, histoire de recharger vos batteries après ces longues excursions nocturnes. À vous les balades dans le Vieux Lyon, les visites de monuments, la bonne table au restaurant et le farniente en attendant la grande messe du dimanche, dernier jour du festival. Par contre, si vous êtes une entité bionique insensible à la fatigue ou que votre patrimoine génétique a été extrêmement généreux niveau récupération, vous pourrez tout de même déplacer votre carcasse à la SucrièrePaula Temple et ses convives en grande majorité féminines vous attendront avec un savant mélange de techno, de noise et d’électro.

 

 

Le lendemain, pendant que les guerriers de la veille soigneront leurs plaies auditives et tenteront de camoufler les ampoules sur leurs pieds, la tension montera encore d’un cran pour atteindre son paroxysme. Le rendez-vous sera une nouvelle fois donné à la Sucrière pour un Closing Day qui, de 15 h à 22 h, fera tout pour vous donner envie de revenir l’an prochain. Ainsi, il sera difficile de faire son choix entre les potes de débauche Pablo Valentino, MCDE et Henry Wu, gonflés à bloc sur l’Esplanade, la salle 1930 et son excitant b2b entre The Black Madonna et Laurent Garnier, deux roublards aptes à réveiller pour de bon la bête tapie en vous, ou encore ce magicien de Kink, prêt à faire parler l’or qu’il a au bout de ses doigts pour un live de 4 h au Sucre. C’est logiquement ici que les conseils d’A Nous Paris s’arrêtent car, peu importe votre décision, ce sera de toute façon la bonne vu le pedigree des artistes présents.