On a rencontré Isaac Delusion : le duo électro pop est de retour

En 2012, ils conquéraient la France avec un premier morceau hypnotique, Midnight SunPour leur troisième album, les deux Français d’Isaac Delusion ont décidé de revenir à leurs fondamentaux : une pop planante et mélancolique dopée aux basses puissantes. Leur premier single « Fancy » tourne déjà en boucle dans nos oreilles. Vivement la sortie de l’album Upfilters le 8 novembre ! 

 

Comment décririez-vous la couleur musicale d’Upfilters, votre nouvel album ? 

Jules : On retrouve l’esprit de notre premier album, léger et pop.

Loic : Après notre premier disque, et notamment le succès du morceau Midnight Sun, on a beaucoup qualifié notre musique de « dream pop ». Ça nous semblait un peu enfermant, alors on a voulu tester autre chose… Mais cette fois-ci on est revenus à l’ADN de notre groupe, quelque chose de plus simple, plus naturel pour nous.

 

Même s’il est très dansant, Upfilters est aussi emprunt de mélancolie.

Jules : Le thème principal de ce disque, c’est l’adolescence, une période où on est traversé par des sentiments contradictoires. Beaucoup de morceaux parlent de sentiments de frustration. Ils évoquent cet âge où le futur est encore ouvert, où on peut tout imaginer sans savoir si on sera capable d’avoir ce dont on rêve. C’est à la fois exaltant et angoissant.

 

Isaac Delusion © Rene Habermacher
Isaac Delusion © Rene Habermacher

 

Musicalement, quelles sont vos inspirations ? 

Loic : Sur ce dernier disque, on est revenu à nos influences de base. J’ai toujours été inspiré par la French Touch et notamment Air, leur album Talkie Walkie. J’aime aussi beaucoup Phoenix. Ce qui fait l’identité d’Isaac Delusion, c’est la rencontre entre mes influences et celles de Jules, qui sont très différentes.

Jules : Moi j’écoute plus de la soul, du hip hop, du R’n’B.

Loic : On se complète aussi parce qu’on n’a pas la même approche musicale. Jules a plus une approche rythmique, moi je m’intéresse plus à la mélodie. C’est ce qui a donné naissance à notre style, assez hybride finalement. 

 

 

Vous dites vouloir revenir à votre style musical des débuts, mais votre vie a beaucoup changé depuis. Votre premier album était une compilation de morceaux composés chez vous dans votre chambre, en amateur. Aujourd’hui, ça n’est pas trop dur de retrouver votre innocence ? 

Jules : Ce sont des questions qui me travaillent beaucoup. Je sais que tout ce que je fais peut être jugé, analysé. Forcément, ça ne peut pas être le même état d’esprit que quand on faisait de la musique le dimanche après être allé au cinéma… Pour moi, c’est plus dur de travailler maintenant que je sais qu’il y a une attente du public. Même si c’est très excitant !

Loic : On essaye de ne pas trop réfléchir à ce que les gens veulent, et de faire la musique qu’on a toujours eu envie de faire. Ça, c’est du travail.

Jules : Le succès est tombé très vite. On a été repérés par Nova il y a sept ans et ça a tout changé pour nous alors qu’on n’avait pas du tout l’objectif de faire carrière dans la musique. Après on a énormément bossé pour faire durer le succès. Mais ça nous met une pression. On est autodidactes, on n’a pas de formation musicale. Ça peut m’arriver de ne pas me sentir légitime quand je vois tous ces gens talentueux qui se battent pour vivre de leur musique.

 

Isaac Delusion © Rene Habermacher
Isaac Delusion © Rene Habermacher

 

Le clip de Fancy est truffé de références picturales. La piscine semble tout droit sortie d’un tableau de David Hockney, les arbres pourraient être des collages de Matisse… Pour vous, c’est important, les influences esthétiques ?

Loic : On est tous les deux passionnés de cinéma, donc forcément, oui ! On réalisait nos premiers clips nous-mêmes, c’est Jules qui a réalisé entièrement le graphisme de la pochette du premier album. Personnellement, la peinture et les émotions qu’elle procure m’inspirent beaucoup. Je suis un grand fan de David Hockney et je suis moi-même un peintre du dimanche.

 

Quels sont vos derniers coups de coeur musicaux ?

Loic : En ce moment, j’aime beaucoup Love Supreme. C’est un duo avec un chanteur qui a une voix de chrooner très grave, et des arrangements électro futuristes… C’est magnifique. 

Jules : J’ai bien aimé l’album de Niska, même si j’écoute de moins en moins de rap. J’ai aussi découvert Nelson Beer à un festival, je l’ai trouvé absolument génial. C’est un vrai performer. Il arrive seul sur scène avec ses talons, il assume totalement, il chante hyper bien et a un charisme de dingue. 


Isaac Delusion sera en concert à l’EMB Sannois le 29 novembre et à la Cigale le 21 janvier
Sortie de l’album Upfilters le 8 novembre (microqlima records)
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