Ce qu’il ne fallait pas louper à We Love Green

Elle était belle, elle était folle : l’édition 2018 de We Love Green, c’est déjà fini. Retour sur ce qu’il ne fallait pas louper ce samedi 2 juin 2018.

 

La grâce de Vendredi sur Mer

 

 

Le bonheur d’être triste d’Hugo en version onirique, vous connaissiez ? Vendredi sur Mer, c’est toute la douceur qu’il nous fallait pour démarrer le festival en beauté. Les chansons swinguent et les jeunes gens se dandinent sur la poésie mélancolique de l’artiste. C’est que la chanteuse Charline ne chante pas, elle nous fait rêver de sa musique planante. La femme à la peau bleue pour accueillir l’heure bleue, on n’a pas vu mieux.

 

L’énergie d’Ibeyi

Ibeyi et Orelsan © We Love Green

 

« We are deathless » scandent les deux sœurs jumelles franco-cubaines sur la scène de la clairière, devant un public fiévreux. Les tubes s’enchaînent (Wanna be like you, Deathless) au milieu de chansons plus discrètes, telle que la poignante No Man is Big Enough in My Arms. Et le public de danser et chanter gaiement, car il est difficile de faire autrement devant la fougue contagieuse d’Ibeyi. Une prestation qui se clôture en beauté par la venue surprise d’Orelsan sur l’émouvant titre « Notes pour trop tard. »

 

La passion de Lomepal

 

 

« Je ne suis pas un musicien, juste un énorme skateur », déclare celui qui attire la foule s’étalant à perte de vue devant la scène de la Clairière, ce samedi 2 juin 2018. Qu’il s’agisse de Yeux disent, Un peu de sang, Bécane, Pommade ou de la plus récente Tout lâcher… Les chansons du chef Antoine sont sues de tous et de toutes, des adultes aux plus juvéniles. Le public est fiévreux et s’époumone volontiers sur des chansons qui sonnent déjà comme des hymnes. On le sent, Lomepal deviendra (encore plus) grand.

 

La révélation soul Jorja Smith

 

 

Connue pour avoir été « playlistée » par Drake, Jorja Smith  est un jeune talent britannique prometteur dont le charisme ne fait, en live, plus de doute. La jeune chanteuse chante ses peines et déceptions amoureuses (Beautiful little lies, Let me down, On my mind, Teenage Fantasy…), et même si ce n’est pas révolutionnaire, c’est diablement ensorcelant. C’est un public conquis qui chante à l’unisson ses chansons et de nombreux inédits issus de son album, et nous avec.

 

Orelsan

© Orelsan

 

Aurélien ne rappe pas, il ne respire pas non plus. Il incarne simplement des mots terriblement justes. Si ses aphorismes sont implacables en version mp3, ils sont inéluctables en live et supportent très bien les improvisations : de sa ré-interprétation suave du tube Tout va bien au nouveau couplet improvisé sur Bonne meuf, OrelSan sait se renouveler et ne nous ennuie jamais. Son public est fidèle et boit chacune de ses chansons aux transitions subtiles. On passe de l’euphorie à l’émotion, on s’amuse sur Défaite de famille comme on sait se taire sur le poignant Notes pour trop tard. On exulte, tout simplement.

 

Le toupet de Jamie XX

 

 

Il nous aura bien eu. Plongé dans la pénombre, le célèbre producteur anglais démarre son set sur un morceau de rap surprenant qui réussit à nous faire douter. Sommes-nous devant la bonne scène ? Car le célèbre producteur n’hésite pas à nous sortir de notre zone de confort : nous finissons par retrouver les célèbres Loud Places ou Gosh qui ont fait son succès, mais seulement après avoir découvert de nombreux morceaux inédits et sensiblement plus techno. Qu’importe au final ce que joue le prodige anglais, c’est toujours presque irrépressible de taper du pied sur la musique envoûtante de Jamie XX.

 

À suivre de près : Angèle

© Angèle

 

Sa voix était fragile et sa présence discrète. Pourtant Angèle reste un jeune talent prometteur. L’artiste belge a pu dévoiler un large éventail de ses nouvelles chansons, librement inspirées de son vécu. Avec notamment la très réussie Flou  ou La Thune qui traite du succès fulgurant et de la difficulté d’y trouver du sens.