Pain-Noir

Après les écrivains du Montana, cette littérature des grands espaces, il faudrait se pencher sur la cohorte des musiciens établis en Auvergne. Le point commun entre les auteurs de l’Ouest américain et les chanteurs de la région des volcans ? La place prépondérante de la nature dans leurs récits.

Comme, par exemple, dans les chansons de Jean-Louis Murat et dans celles, récentes, de François-Régis Croisier, alias Pain-Noir. Quand il s’appelait encore St. Augustine (sur le label local Kütü Folk) on le savait capable de mélodies sensibles, accompagnées par une guitare folk, bien éduquée à l’americana.

Il a gardé la guitare et quelques arpèges, mais abandonné la langue anglaise pour une expression en français, plus fine et personnelle. Non sans bousculer les habitudes : « Écrire en français, ça a changé ma musique. Je ne pousse plus ma voix, je suis plus retenu, ça se joue désormais dans les détails », dit-il en présentant un premier album, dense et foisonnant, qui comporte douze titres.

Comme chez Murat ou Bertrand Belin, les évocations du paysage alentour, la mention discrète de la faune et de la flore, ne sont jamais anodines. Quand Pain-Noir chante La Retenue, Les Sablières ou une île, on imagine assez qu’il s’agit de parler de soi avec une forme de distance et de pudeur. Ainsi, une musique orchestrée avec tact et des textes à plusieurs entrées font que l’on refait souvent le chemin.