Paris vu par les DJ’s étrangers

Le dynamisme des nuits parisiennes attire de nombreux clubbers et musiciens. Après Berlin et Barcelone, la captiale est perçue par-delà les frontières comme une ville moteur en matière de soirées, grâce à ses nombreux projets de qualité et ses scènes créatives. Le point de vue de trois DJ’s venus des Etats-Unis, des Pays-Bas et de Grande Bretagne

Kerri Chandler (pionnier de la house new-yorkaise) ETATS-UNIS

“Ma première fois à Paris, c’était au Rex Club en 1992 ou 1993, avec Joe Claussell et Jerome Sydenham, sur une invitation de DJ Deep. C’était aussi la première fois que je rencontrais Laurent Garnier. Je me souviens aussi des soirées Cheers et je suis toujours bien reçu au Zig Zag. Depuis cinq ans, je mixe de plus en plus souvent ici. Une nouvelle génération s’est emparée des nuits parisiennes, Je vois plein de jeunes DJ’s talentueux, et les anciens sont toujours là. Vu de New York, Paris est considéré comme un hub pour la musique électronique, avec le crew Apollonia, DJ Deep, Gregory… Pour nous ou les DJ’s techno de Detroit, vu que nous voyageons en permanence, il y a des étapes incontournables comme Berlin Ibiza, Londres ou Paris. Quand on y va, on se rend aux soirées des uns et des autres et on s’y croise tout le temps. Ce sont des destinations sur lesquelles on saute tout de suite quand on est un DJ américain.”

San Proper (le plus fantas(ti)que des DJ’s d’Amsterdam) PAYS-BAS

“Depuis ma première soirée à Paris, à l’OPA Bastille, j’ai vu la scène parisienne se développer considérablement, avec beaucoup de nouvelles soirées, de nouveaux concepts créatifs. Il y a aussi des magasins de disques qui ouvrent et surtout de plus en plus de bons producteurs. Et je peux me tromper, mais j’ai l’impression que Concrete a eu de l’influence sur les autres promoteurs. Vu d’Amsterdam, l’image de la nuit parisienne s’est beaucoup améliorée. Un indicateur qui ne trompe pas : beaucoup de gens me demandent des guest-lists quand ils savent que je suis connecté à tel ou tel club. C’est comme ça que je sais que pas mal de Néerlandais viennent faire la fête à Paris. Ce qui est plaisant à Paris, c’est la variété du public. Pour encore s’améliorer, je pense qu’il faut que les autorités soient plus permissives, même si les contraintes légales sont parfois sources d’alternatives créatives.”

Spencer Parker (habitué des platines de Concrete et du Panorama Bar) ANGLETERRE

“Je viens jouer Paris depuis un bout de temps, et j’ai vu la scène exploser. C’est vraiment une destination clubbing intéressante aujourd’hui. J’ai toujours entendu les Parisiens se plaindre de ne pas voir leurs DJ’s préférés, des horaires, du manque de bons afters, de lieux underground. Mais depuis quelques années, je sens plus de positivité, les Parisiens deviennent fiers de leur ville comme destination clubbing. Il y a un bon buzz ! Des tas de gens font des choses intéressantes, comme le collectif Blocaus, des DJ’s comme Behzad et Amarou ou Antigone. De mon expérience, le public ici est vraiment enthousiaste. Quand je joue à Paris, j’ai toujours un gang d’amis autour des platines en train de danser comme des fous, et il n’y a rien qui me rend plus heureux que ça.”