Patricia Barber

Cela faisait quelque temps que la pianiste et chanteuse Patricia Barber n’était pas venue nous voir.

Ou alors, elle s’est produite en catimini. Parmi toutes les vocalistes de jazz, elle est l’une des plus intimes et discrètes, créant une musique très particulière. Elle ne joue pas vraiment du swing, presque de la pop, sans toutefois y plonger complètement. Elle préfère les climats envoûtants, lancinants, les atmosphères, et pour peu qu’on se laisse faire, le voyage devient remarquable, passionnant.

Cette artiste qui revendique son homosexualité, originaire de Chicago, a vu le jour en 1965. En quelques albums depuis son premier essai, en 1989, cette fille de saxophoniste a imposé sa voix littéraire, capable de proposer une lecture lyrique des Métamorphoses d’Ovide (Mythologies) ou de reprendre le mythique compositeur de comédies musicales des années 1930, Cole Porter.
Cette ambition-là, sophistiquée et précieuse, a certainement limité son impact sur le grand public, mais l’inscrit dans la riche histoire du jazz, loin des modèles emblématiques trop souvent copiés, de Billie Holiday ou d’Ella Fitzgerald, fière d’un engagement artistique très sûr qui la rend unique. Elle se produit en quartette, avec guitare, basse et batterie. Une véritable évasion.