Peter, Bjorn and John à La Maroquinerie

Ils sont trois, viennent du pays où on sait fabriquer des meubles parfois difficiles à assembler, et sont les auteurs d’un air qu’à peu près un tiers de la planète a dû siffler en 2006, “Young Folks”.

Enfin, nos statistiques sont probablement parfaitement inexactes, mais en à peine quelques notes on pourrait vous le remettre dans la tête et on se souvient que même le grand Kanye West s’était penché sur le méga-tube des Suédois Peter Morén, Bjorn Yttling et John Eriksson, Peter, Bjorn and John donc, le temps d’un remix. Mais au-delà du tube, parce qu’il serait bien dommage de ne résumer le trio qu’à ce simple succès, il y a tout de même sept albums déroulés sur une petite quinzaine d’années de carrière, un rythme qu’on pourrait donc qualifier d’“acharné” et à faire pâlir d’envie la marque jaune et bleue.

Mais il y a surtout cette facilité déconcertante à trouver la mélodie accrocheuse, cet aplomb serein dans leur manière de tutoyer la pop. Un esprit librement rock, des choix de rythmiques et de synthés judicieux, une voix qui semble éternellement adolescente et qui a parfois comme un air de famille avec celle d’Andrew Wyatt de Miike Snow, la recette Peter, Bjorn and John est imparable, et que ce soit dans Writer’s Block (2006), leur premier véritable succès, dans le brillant Living Thing sorti en 2009, ou dans le dernier venu Breakin’ Point, le trio suédois est toujours parvenu à se démarquer par cette précision pop chirurgicale, et a toujours su appuyer non pas là où ça fait mal, mais là où ça fait franchement du bien.