Philippe Bianconi

Les apparitions de Philippe Bianconi sur les scènes parisiennes sont trop rares et les amoureux de piano ne doivent sous aucun prétexte manquer le rendez-vous de jeudi à Gaveau dans le cadre de la saison des Concerts Parisiens.

Virtuose de son instrument, accoutumé à empoigner des monstres concertants tels que le 2èmeConcerto de Brahms ou le 3ème de Rachmaninov, Bianconi l’est sans nul doute, mais c’est toutefois d’abord le mot poésie qui est associé à son nom tant la musicalité et le respect des œuvres dominent chez un interprète qui n’a que faire de l’épate et des effets de manche.

Nourri de la plus belle tradition française du clavier (il a longtemps travaillé auprès de Gaby Casadesus), Philippe Bianconi s’attache à nuancer sa palette de couleurs afin de l’accorder au mieux à l’esprit des partitions. Chopin, Debussy et Schumann font depuis toujours partie de son univers et divers enregistrements (pour Lyrinx autrefois, pour La Dolce Volta désormais, dont un somptueux récital Chopin l’an dernier) en témoignent.

Rien d’étonnant donc à ce que son récital rassemble ces trois auteurs avec les Mazurkas op. 59, la Barcarolle et le 3èmeScherzo du Polonais, les Estampes et six Préludes (du Livre 2) du Français et, pour conclure, le juvénile et tourbillonnant Carnaval op. 9 de Schumann. Lyrisme, tendresse, mystère, onirisme, passion et … intelligence : tout ce dont nous avons tant besoin en ce moment.