Pokey Lafarge à la Salle Gaveau

Ils ne sont pas connus du grand public, mais forment une vraie famille, celles des héritiers de Woody Guthrie et des premiers bluesmen mêlant country, folk, avec parfois un zeste de jazz New Orleans. Nous avons vu arriver l’incroyable Australien CW Stoneking et Valérie June. Aujourd’hui, nous découvrons Drew Heissler dit Pokey Lafarge, un artiste doté, comme les deux autres, d’une superbe voix, gutturale, pleine de couleurs et de force.

Originaire de Saint-Louis, âgé de 32 ans, ce ménestrel élégant a profité du flair de l’influent Jack White (des White Stripes) qui l’a repéré et signé sur son label. Pokey a ainsi pu enregistrer un premier album en 2006, et il publie ces jours-ci son sixième disque studio, le formidable Something In The Water, enregistré à Chicago, belle collection de chansons venues de la nuit des temps – les années 1930 et 1940 – joyeuses, tendres, où se croisent vieux piano de saloon, trompette néo-orléanaise et guitare sèche… On y voyage en train à vapeur et en traction avant. « Le feu crépitait de belles flammes dans la grande cheminée », a écrit Bob Dylan (Chroniques I). Le folk et ses variations colorées nous ramènent à la douceur du foyer.