Randy Weston’s African Rhythms Quartet

On a peine à croire que ce pianiste célèbre ses 90 ans. Quand il naît en 1926, à Brooklyn, Louis Armstrong enregistre « Lonesome Blues », Bessie Smith domine la musique, et Calvin Coolidge est président de la république.

Fils d’un restaurateur d’origine jamaïcaine, Randy Weston grandit sous les mânes des trois musiciens qu’il admire le plus, Count Basie, Duke Ellington et Thelonious Monk, trois courants essentiels du jazz, swing, classique et be-bop. Auteur en 1956 d’un manifeste, The Modern Art Of Jazz, il comprend qu’il devra chercher son inspiration loin, et pourquoi pas dans le berceau de l’humanité, le creuset du blues, l’Afrique.

En 1961, il découvre le Nigéria, puis voyage à Tanger, joue avec des groupes gnaouas, portant un message autant musical que politique. Il y voit une manière de lutter contre l’Apartheid en Afrique du Sud et la ségrégation aux Etats-Unis. Cette quête aura également été très productive du point artistique, donnant de merveilleux disques, comme Saga (1995), porté par des rythmes hypnotiques, ou Khepera (1998). Au New Morning, il se produit avec un vieux compagnon de route, le saxophoniste Billy Harper pour un anniversaire qui a un petit air d’éternité !