Rencontre avec Corine, la diva qui dépoussière le disco

Chaque mois, A Nous Paris interroge un artiste noctambule sur son rapport à la fête. Aujourd’hui, place à Corine, la diva qui dépoussière le disco français. Son premier album « Un Air de Fête » fait figure de playlist idéale pour une nuit blanche ambiance « late seventies ». La blonde va passer l’été en tournée dans toute la France, en attendant un passage à l’Olympia en octobre. Et quand elle n’est pas sur scène en combinaison à paillettes, où va-t-elle danser jusqu’au matin ?

 

Corine © Shelby Duncan
Corine © Shelby Duncan

 

Ton premier album s’appelle « Un air de Fête ». Pour toi, qu’est-ce qu’une fête réussie ?

C’est une fête où l’on danse ! Je m’ennuie vite si les gens sont dans une posture, qu’ils s’observent les uns les autres de haut en bas… Ce que j’aime, c’est lâcher prise et voir les autres faire pareil.

Quels sont tes premiers souvenirs de fête ?

Mon grand frère était jazzman, alors pendant mon enfance, j’ai écumé tout un tas de club de jazz avec mes parents. On le suivait partout ! J’ai de très bons souvenirs de ces ambiances chaleureuses, heureuses quand à sept ans, je m’endormais sur les canapés des salles de concert… C’est comme ça que j’ai su très jeune que j’avais envie de m’orienter vers un métier artistique.

Et aujourd’hui, quelles sont tes soirées préférées à Paris ?

J’aime quand c’est déjanté, féerique. J’adore par exemple le Manko Cabaret, un club un peu fou dans le quartier des Champs-Elysées, avec des performeurs et des circassiens qui envahissent la scène et la salle toute la nuit. Je vais aussi souvent chez Madame Klaude, un collectif d’artistes de cabaret qui se retrouvent aux Etoiles ou à l’Alcazar pour performer sur fond de musique disco avec des costumes outranciers. Et puis je vous conseille absolument le Cabaret Madame Arthur, dans le 18e. C’est une troupe de chanteurs qui se travestissent avec des costumes superbes. Du jeudi au samedi, ils organisent des spectacles en hommage à d’autres artistes (de Madonna à Edith Piaf) avec des reprises drôles et belles.

 

Corine © Shelby Duncan
Corine © Shelby Duncan

 

Est-ce que tu vas aussi à des soirées clubbing plus classiques ?

Oui, par exemple aux fêtes « Je t’aime », organisées au Rouge Pigalle : j’y retrouve tout mon imaginaire des soirées des années 70/80 au Palace. Il y a du beau monde, on est là pour s’amuser, pour danser pendant des heures d’affilée sans penser à rien d’autre. J’ai l’impression d’être dans un clip de Prince ! Vous pouvez souvent me croiser au Petit Palace, qui a rouvert à l’emplacement du célèbre club, avec un décor nineties tout en néons et une super programmation musicale. Ca va du funk à la cumbia. J’adore aussi les soirées queer Barbi(e) Turix, organisées à la Machine ou au Balajo. J’y ai performé en tant que DJ il y a quelques semaines et j’ai adoré l’ambiance libre et déjantée.

Dès le début de ta carrière, tu été invitée à jouer dans des soirées LGBT. As-tu un lien particulier avec cette scène à Paris ?

C’est vrai que des collectifs LGBT m’ont adoptée dès le départ, sans que je l’ai cherché. C’est à une soirée Madame Klaude que j’ai fait mon premier concert, le ton était donné ! J’ai été étonnée, mais aussi flattée. Ces communautés-là ont un rapport particulier aux femmes iconiques, qui assument leur sensualité et qui ont le sens du spectacle. Des femmes qui m’inspirent aussi. Pour moi, il n’y a pas de frontière, j’espère parler à un maximum de gens. Je peux jouer à l’after show d’un défilé Chanel, ou bien sur la place d’un village au fin fond de la Bretagne pour la fête de la musique. Et je suis hyper heureuse de ne pas être cantonnée à un milieu.

Es-tu nostalgique des fêtes des années 80, quand les filles portaient des combinaisons à paillette et des permanentes dignes de la tienne ?

Je ne suis pas quelqu’un de nostalgique. Je suis assez contente de vivre à notre époque. Mais j’estime que les fêtes d’aujourd’hui renouent avec une insouciance, une liberté qui me rappellent ces années-là. C’est sûrement parce qu’on vit un moment particulièrement morose, avec toutes les questions écologiques, les problèmes politiques, la crise des réfugiés… On a besoin de lieux de fête pour se libérer et vivre ensemble le moment présent.

 

 

Quand tu donnes un concert, est-ce comme si tu invitais ton public à une soirée ?

Ce n’est pas forcément une soirée au sens classique du terme, mais j’ai envie que ce soit un voyage, de faire rêver les gens, d’amener de la féerie. J’aime personnaliser les lieux avant les concerts, emmener le public dans mon univers. Cela se joue aussi à travers les vêtements que je porte à chacune de mes apparitions, mes coiffures… Pour moi, c’est très important d’avoir un aspect spectaculaire au-delà de la musique. C’est ce que j’adore chez certains artistes qui m’ont toujours inspirée, de David Bowie à Lady Gaga, en passant par Madonna et Philippe Katerine !

Comment as-tu imaginé ton personnage, tout en tenues à paillettes et boucles blondes ?

C’est venu en écrivant mes premiers morceaux : j’ai cherché une apparence qui collait ma musique, pour l’incarner. J’ai réfléchi avec des stylistes, avec un coiffeur d’artistes qui travaille notamment avec Mathieu Chedid. Mais au-delà du personnage, j’y mets bien sûr quelque chose de moi. J’ai un côté très second degré, j’ai toujours considéré que l’humour est une meilleure réponse que l’agressivité.

Ton personnage est certes décalé, mais aussi hyper glamour ! 

Oui, et ça reflète ma vision de la féminité ! En tant que femme, j’ai reçu bien sûr des critiques, des remarques sur mon corps, mais j’ai appris à l’assumer. Et plutôt que de me cacher, j’ai décidé de me jouer des codes de l’érotisme, tout en essayant d’éviter la vulgarité grâce à l’humour. C’est un message féministe au final : Corine, ça n’est pas une potiche, plutôt une femme qui montre qu’on peut être sensuelle sans être débile.

 

Corine sera en tournée tout l’été en France et en Europe
Dates à retrouver sur Facebook
Concert à l’Olympia le 3 octobre 2019


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