Rocky, la force tranquille

Depuis la sortie de leur premier EP en 2013, jusqu’à celle de l’explosif Soft Machines, leur premier album paru l’année dernière, les quatre Lillois de Rocky ont toujours semblé animés par une sorte de force tranquille, qui les pousse à franchir les étapes à leur rythme mais surtout avec une brillante assurance. Ils sont de retour à la Gaîté Lyrique mercredi soir, on en a profité pour leur poser quelques questions.

Ça vous va si on dit que Rocky est une sorte de fusion entre Mary J. Blige, LCD Soundsystem et Earth Wind and Fire ?

Tom : Waow, c’est exactement ça ! Belle fusion, on valide, même si on préfère Chic à Earth Wind & Fire !

 

Comment s’est fait la rencontre avec Guillaume de The Shoes ?

Inès : On a fait leur première partie au Grand Mix à Tourcoing en 2012 qui s’avérait aussi être notre premier concert. On a tout de suite bien accroché, il nous a proposé un remix qui a plu à Gum et le label nous a signés dans la foulée ! Lorsqu’il a fallu collaborer avec un producteur pour produire le premier EP, puis travailler sur l’album, on ne s’est pas posé de question, on a fait “ Allô Guigui ? ”.

 

Trois années se sont écoulées entre la sortie de votre premier EP en 2013 et celle de votre premier album, paru l’année dernière. Il était important pour vous de ne pas vous précipiter à une époque où les choses vont généralement très vite ?

Laurent : On a voulu prendre le temps de bien faire les choses, un album c’est tout un apprentissage ! Il faut dire aussi qu’on a eu la chance de beaucoup tourner juste après l’EP, tout prend du temps. Le défi sur ce disque c’était de synthétiser l’ensemble de nos influences, et comme il y en a beaucoup, c’était important pour nous de mûrir chaque morceau de Soft Machines, de se laisser le temps aussi.

 

Sur la scène de l’Olympia en 2013, ce qui était frappant chez vous, c’était cette incroyable assurance pour un si jeune groupe qui jouait pour la première fois dans cette salle remplie d’Histoire. D’où vous vient cette assurance, ce professionnalisme ?

Olivier : L’union fait la force ! Je crois que cette assurance vient du plaisir qu’on a à être sur scène. On communique beaucoup dans les regards etc., ça nous donne une force et une énergie qu’on est heureux de transmettre au public. Et puis on travaille beaucoup, on répète, en tout cas on n’est pas des enfants de la balle !

 

Inès tu es née à Paris, tes parents sont nés au Togo où tu as d’ailleurs vécu tes deux premières années, après quoi tu es retournée en France avec ta mère, le climat électoral actuel doit donc te parler. Que penses-tu des derniers événements ?  

Inès : Je me souviens du choc de 2002, lorsque le visage de Jean-Marie Le Pen est apparu à la télé, ma mère a hurlé dans le salon « éwéééééé mi jo lo ! » en gros « olalalalalalah on s’en va ! ». On était dépitées ! Le choc est moindre aujourd’hui, parce qu’il ne résulte pas d’une surprise, ça fait une dizaine d’année que la dédiabolisation du FN est en marche et si Marine Le Pen convainc 1/5è des Français, c’est qu’elle est tristement payante. Du coup ce qui m’a fait mal dimanche soir c’est que je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que 20% de mes concitoyens étaient racistes. C’est évidemment trop simpliste, mais c’est la première chose que je me suis dite en tante que Française d’origine togolaise. 

Le 3 mai à la Gaîté Lyrique, 3bis rue Papin, 3e, M° Arts et Métiers. (22 euros)