Roger Muraro

Rares, très rares sont les pianistes qui se sont risqués à jouer la transcription pour piano – d’une terrifiante difficulté – que Franz Liszt réalisa de la Symphonie Fantastique d’Hector Berlioz, quatre ans après sa création en décembre 1830 à Paris.

Roger Muraro a osé, et tous les mordus de ce répertoire se souviennent de l’enregistrement publié (chez Decca) à l’occasion du bicentenaire Liszt en 2011. Le piano se fait orchestre sous les doigts d’un des plus importants pianistes français d’aujourd’hui, avec une palette de couleurs immense, un souffle et une intensité narrative irrésistibles, donnant à ressentir l’uppercut esthétique que constitua pour un virtuose de 19 ans la découverte de la partition de Berlioz. Alors qu’il vient de signer un superbe récital Liszt (pour le label La Dolce Volta) comprenant en particulier une poétique et singulière Sonate en si mineur, Muraro se confronte à la Fantastique, dimanche matin au Théâtre des Champs-Élysées. Si vous n’avez pas encore fait l’expérience de l’ouvrage en concert par cet interprète, précipitez-vous ; un moment électrisant vous attend ! Les secrètes Scènes de la forêt de Schumann et leur énigmatique Oiseau prophète, précéderont les retrouvailles du pianiste avec Berlioz et Liszt. Autant dire que, d’un bout à l’autre, le romantisme sera roi.