Sampha

La douce voix de Sampha résonnera à La Cigale le 11 mars.

Pour attirer l’attention sur Process, son tout premier album sorti il y a un mois, Sampha Sisay n’a pas eu à lutter. A 27 ans, le jeune compositeur, producteur et chanteur londonien d’origine sierra-léonaise, bénéficiait déjà de l’aura de ses multiples collaborations avec des artistes britanniques, FKA twigs ou surtout Aaaron  Jerome, dont il aura magnifié le projet SBTRKT, puis américains, Drake, Solange, Kanye West ou Frank Ocean, qui auront tous cédé au charme de son timbre. Musicien – autodidacte – depuis l’âge de ses trois ans, au hasard de la rencontre avec un piano bradé par un voisin, grandi aux influences des CD variés rapportés à la maison par son père au rythme métronomique d’un par semaine, puis des musiques tout aussi diverses écoutées par ses quatre frères, Sampha semblait de jamais devoir cesser de mûrir sa véritable envolée. Après deux EP solo tout de même (en 2010 et 2013), la disparition de sa mère au terme d’une longue lutte contre le cancer aura agi comme un électrochoc pour le décider à se dévoiler enfin sur un disque, Process, dont il voulait qu’il ne soit rien d’autre qu’un concentré d’émotions. A la façon d’un Benjamin Clementine qui vous saisit d’emblée, le pari est réussi dès les toutes premières notes du titre d’ouverture, Plastic 100°, où il s’interroge sur le sens de sa vie après avoir craint à son tour une douloureuse maladie. Ensuite, depuis l’hymne Blood on Me jusqu’au délicat What shouldn’t I be ?, synthétiseurs et nappes électro rivalisent de richesse mais semblent pourtant s’effacer face à l’évidente quête introspective désormais en marche et la voix, feutrée, unique, qui la raconte. Enigmatique et beau.  

En concert le samedi 11 mars à La Cigale à partir de 19h30 au 120 boulevard de Rochechouart, 75018. M°12 Pigalle. Prix : 27,50 euros.