Sélection musicale : les albums du moment #7

Une fois n’est pas coutume : cette semaine la règle des 5 albums a été quelque peu contournée. Au milieu d’une sélection hexagonale aux petits oignons oscillant entre hip-hop inspiré, pop rêvée et rock qui fait transpirer, se trouve un disque à part que nous avons tout autant aimé.

JC Satàn – Centaur Desire

 

 

Abandonnant (en partie) le pur garage de leurs débuts, les bordelais reviennent avec un cinquième disque dément au titre énigmatique, sorti cette fois encore chez l’excellent label Born Bad Records. Fourmillant d’idées, aussi harmonieux que flamboyant, autant de qualificatifs qui n’auraient pas forcément été utilisés pour chroniquer leur premier album il y a 9 ans. Leur talent n’a en tout cas jamais été aussi éclatant. C’est pourquoi nous vous conseillons plus que chaudement d’aller tenter le diable le 11 avril à la Maroquinerie lors de leur release party–évènement (Infos & Billets).

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Eddy de Pretto – Cure

 

 

Au fil des singles égrenés et des concerts écumés, cet incasable énergumène est parvenu à s’imposer à force de saillies mi percutantes, mi sensibles. Bien ancré dans sa triste et drôle d’époque, de Pretto chante avec une âpreté toute cathartique son quotidien en mode passé/présent/futur, avec l’emphase revendiquée et le ton parfois désabusé d’un Kid propulsé dans la cour des grands en finalement très peu de temps.

 

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The Waxidermist – The Origami Case

 

 

Derrière ce digger champion de la collaboration de qualité (Mattic, RacecaR, Anna Kova, Green T & FP de ASM…) se cache l’excellent bassiste Lawkyz. Un féru de rythmique et de groove qui découvre, triture, plie et déploie les sons jusqu’à obtenir la texture parfaite que viendront étoffer une flûte de ci, une rime de là, dans un savant mélange de hip-hop, soul, funk et jazz. Si le diable se cache dans les détails, The Waxidermist a tout du beatmaker (délicieusement) maléfique. En concert le 4 avril prochain au Point Ephémère (Infos & Billets).

 

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Hippocampe Fou – Terminus

 

 

 

L’un des plus insolites et talentueux punchliners du rap français revient avec un troisième disque, prouvant que même installé de l’autre côté de l’Atlantique, il n’a rien perdu de son mordant. Après avoir logiquement – eu égard à son patronyme – sillonné les fonds marins avec Aquatrip, puis pris de la hauteur grâce à Céleste, Hippo nous entraîne cette fois sous terre, tel une Alice arrivant dans un pays moins merveilleux que prévu. Des titres comme Dans le fond ou Underground respectent en effet le champ lexical du terrier. Alors message subliminal (« Tout le monde descend ! ») adressé à ses congénères égo-tripés ou voyage introspectif avisé ? En tout cas, une réussite pour un artiste loin d’être au fond du Trou et enterré.

 

 

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Thousand – Le Tunnel Végétal

 

 

Stéphane Milochevitch a le don de la formule, aussi bien dans son verbe parfois acerbe mais surtout très drôle (« Je jure sur la tête de Robert Ménard »), que dans ses mélodies pop douces-amères. Truffé d’inspirations littéraires (Bioy Casares) ou cinématographiques (Tarkovski), son nouveau disque Le Tunnel Végétal  paru chez Talitres est un régal de trouvailles bigarrées et oniriques. Attention, une écoute prolongée risque de provoquer de multiples bonheurs auditifs. Mention spéciale à la magnifique pochette, autoportrait dessiné par l’artiste et brodé par Adeline Cathelin. Il existe ainsi mille raisons d’aller voir Thousand le 19 avril prochain au FGO Barbara (Infos & Billets).

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Bonus: A.A.L. (Against All logic) 2012-2017

 

 

Certains de nos confrères à l’instar de Pitchfork s’en sont fait l’écho le mois dernier : ce petit cachotier de Nicolas Jaar a sorti sur son label, sans tambours ni trompettes, un nouveau disque sous le nom A.A.L (Against All LOGIC), l’un de ses side projects. Depuis, celui-ci tourne en boucle dans nos écouteurs. Loin de la veine abstract/ambient de Pomegranates, 2012-2017 est un album éclectique et dansant, parfait pour se remettre en jambes avant l’arrivée de jours plus cléments.

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