Seratones : le raz-de-marée rock

La douzième édition du Cabaret Vert, qui a réuni pas moins de 94 000 festivaliers, nous a fait découvrir son lot de talents prometteurs. Le groupe Seratones, venu tout droit de Louisiane, a su présenter des atouts indéniables, faisant de lui un de nos coups de coeur du festival.

Jeudi. 18h. Un record historique de températures semble avoir atteint la capitale rimbaldienne. Malgré les 33 degrés affichés au compteur, AJ Haynes et ses trois acolytes, Connor Davis (guitare), Adam Davis (basse) et Jess Gabriel (drums) cumulent les décibels pour une session Deezer improvisée dans la cour bucolique de la maison des Ailleurs, demeure en pierre de taille ocre dans laquelle vécue la famille Rimbaud. Issu du label Fat Possum (dans lequel The Black Keys et Fat White Family officient également), Seratones importe son garage rock ultra énergique depuis Shrevepor, Louisiane, afin de présenter son premier opus, Get Gone. A la frontière entre la soul de Memphis, le Blues du Mississippi, le jazz de New Orleans, le swing du Texas et leur propre culture punk, le quatuor propose une musique métissée aux nombreuses nuances, tant dans l’attitude que dans les variations instrumentales. Le tout est porté par l’énergie vocale impressionnante de AJ Haynes, formée dès son plus jeune âge à l’église Baptiste de Brownsville, Colombia. Cette jeune chanteuse aux mouvements de corps spasmodiques et aux expressions de faciès multiples utilise son organe comme un yoyo, passant d’une voix basse de crooneuse à une voix de tête tenue par les vibrations subtiles d’un léger tremollo. Une entrée en matière explosive pour la première tournée européenne du groupe. On vous laisse juger… 

Seratones se produira à Paris le 21 novembre au Bataclan dans le cadre du festival Les Inrocks