Seu Jorge investit l’Olympia

Le chanteur brésilien Seu Jorge nous invite à une croisière acoustique enivrante où le fantôme glam-rock de Ziggy Stardust nous susurre à l’oreille d’envoûtantes histoires.

Depuis l’electrochoc de la disparition de David Bowie en janvier 2016, nombreux étaient ceux qui attendaient avec fébrilité l’hommage qui rendrait grâce à l’héritage  hors du commun laissé par l’auteur de Ziggy Stardust. On peut désormais chasser cette lourde inquiétude, et remercier par la même occasion la liberté d’esprit et la douce extravagance de l’acteur/chanteur/compositeur et guitariste brésilien Seu Jorge. En 2004, déjà, on avait eu l’agréable surprise de constater la filiation particulière unissant le multi-talentueux Carioca et l’icône pop britannique. Interprétant le personnage affable et poétique de Pelé dos Santos dans la comédie existentielle La Vie Aquatique du réalisateur Wes Anderson, Seu Jorge avait laissé tout le monde sur les fesses en reprenant avec classe et détachement les plus grands tubes de David Bowie… en portugais – seulement  accompagné de sa guitare acoustique. Une performance musicale de haute volée qui, en plus de constituer la majeure partie de la B.O. du film, donna lieu à un second round un an plus tard avec la sortie d’un double album, The Life Aquatic Sessions.

Treize ans après ce premier exploit, le chanteur brésilien se fend d’une nouvelle déclaration d’amour au « Thin White Duke » aujourd’hui disparu sous la forme d’une série de concerts donnant vie à cette étrange collusion des genres – et des langues. Dans une scénographie aussi conceptuelle qu’hallucinée (le décor du film a été spécialement recréé sur scène à l’aide d’écrans conçus comme des voiles de bateau et d’un ponton amovible), Seu Jorge nous invite à une croisière acoustique enivrante où le fantôme glam-rock de Ziggy Stardust nous susurre à l’oreille d’envoûtantes histoires d’amour sur fond de bossa nova intimiste, où la pop orchestrale majestueuse de Rock’n’Roll Suicide prend des allures de complainte folk solitaire.

Entre une version latin-jazz minimale de Changes et les rêves d’évasion sous les tropiques qu’inspire un Space Oddity lumineux, la star brésilienne ressuscite le génie poétique de Bowie sous des latitudes ensoleillées, faisant se rencontrer avec panache le Londres brumeux des 70’s et la sensualité électrique des plages de Rio célébrée par Gilberto Gil. En 2005, Dans les notes introductives de l’album The Life Aquatic Sessions, David Bowie himself adoubait en termes élogieux Seu Jorge : « S’il n’avait pas réenregistré mes chansons en portugais, je n’aurais jamais entendu cette beauté nouvelle et insaisissable qu’il a exhumé de ces titres que je pensais connaître. » Tout est dit… 

Le 31 mai à partir de 19h30 à l’Olympia, 28 boulevard des Capucines. 9è. M°Opéra/Madeleine. De 44 à 64 euros. Et aussi à We Love Green le 11 juin.