Shannon Wright

La ténébreuse américaine donnera un concert le 1er mars au Café de la danse.

La guitariste et chanteuse Shannon Wright fait partie de ces filles sauvages, comme Cat Power ou PJ Harvey, qui ne cèdent rien à leur liberté. Les suivre, c’est entrer dans une faille profonde, visiter un univers rugueux, essayer de capturer des chats de gouttière écorchés. A la lecture des premières lignes de cet article, Shannon serait déjà en pétard. Les comparaisons avec ses consœurs l’énervent. Née sous le soleil tourmenté de Floride, elle gronde comme une tempête, se bat contre le monde entier, exècre les tentations faciles. Sa vie n’a jamais été simple, tout au long des dix albums qu’elle a publiés sans jamais alerter le grand public. Elle a été fauchée, a produit des disques avec son peu d’argent, accrochée à sa musique, petite boule de feu et d’énergie, faite d’étranges accalmies avec piano et voix sombre, puis de fureurs électriques, alternant ténèbres et forte lumière. La onzième production de cette artiste s’ancre à nouveau dans ce territoire brûlé où elle peut clamer toute sa rage contenue et sensuelle. Il faut entendre « Division », beau morceau rock fatigué et lent, plein de guitare poisseuse, mais aussi tout le reste, traversé de nappes électro éthérées, de notes de piano spectrales, de chant mélancolique. Une beauté rock intransigeante. 

 Concert le 1er mars au Café de la Danse, 5 Passage Louis Philippe, 75011 à 19h30. Prix : 23.80 euros. M°1,5 et 8 Bastille. 01 47 00 57 59.