Steve Earle and The Dukes

Nous avons découvert Steve Earle, en 2002. Il avait publié une chanson très controversée, John Walker’s Blues, où il imaginait les pensées du « taliban américain » capturé lors de la guerre en Afghanistan.

Dans l’Amérique post 11 septembre, il avait provoqué un grand scandale, s’imposant en artiste contestataire, provocant, héritier de la « protest song », de Pete Seeger et de Bob Dylan. Avec sa barbe de routard, cet homme a tout d’un dur à cuir. Sa biographie remplirait d’ailleurs un gros livre. On y trouve des histoires sentimentales tapageuses, la drogue, la prison, la renaissance, tout ce qui fabrique une destinée américaine bien dans la tradition.

Evidemment, Steve Earle ne saurait être réduit à un personnage, si éclatant soit-il. Son œuvre musicale mérite le détour. Ce guitariste et chanteur à la voix rageuse chemine sur la grande route américaine, entre Nashville et le Mississippi. C’est d’ailleurs dans la première ville citée qu’il a enregistré son nouvel opus, le superbe et très blues, Terraplane (le titre fait référence à une célèbre chanson de Robert Johnson). Une sonorité âpre, du boogie suant, un chaud soleil : un programme magnifique à la hauteur de la passion que ce créateur met dans chacune de ses notes.