The James Hunter Six

Il est toujours plaisant de découvrir un disque de James Hunter.

C’est la promesse d’entendre une soul comme on n’en fait plus. Son nouvel album, Hold on ! est gorgé de cuivres capiteux, de voix éraillée, d’orgue sexy. Nous savons donc exactement ce que nous allons entendre, mais là où chez d’autres, cette certitude serait déprimante, James Hunter nous ravit tant il réussit à reproduire à la lettre près le rhythm and blues en déshérence des années 1950, celui du jeune James Brown et de Wilson Pickett. Mais James Hunter n’est jamais un simple copiste, un peu comme Todd Haynes lorsqu’il réalise un film (Loin du paradis) à la manière du grand cinéaste mélodramatique des années 1950, Douglas Sirk. On y retrouve la couleur, le parfum original, et pourtant, c’est bien un œuvre personnelle qui nous est proposée. Une grâce traverse le filtre du temps, due, dans le cas de James Hunter, à sa vie. Né à Colchester (Grande-Bretagne), âgé de 54 ans, ouvrier, il échangeait avec ses collègues sur les plateformes des disques collector de rhythm and blues, et le soir, après le travail, chantait dans les clubs. Il accompagna ensuite de prestigieuses signatures, Aretha Franklin et Van Morrison. Un musicien historique et unique.