Tindersticks au Théâtre des Bouffes du Nord

A elle seule, la voix mâle de Stuart Staples signe l’identité de Tindersticks. Un chant profond, parfois au bord du gouffre, qui se pose sur des climats instables, électrisés, fervents.

Au gré de dix albums, Tindersticks a modifié les ambiances, étoffé son jeu, mais la voix n’a rien perdu de son grain. Comme sur The Wating Room (2016) où, tour à tour, Stuart Staples murmure, harangue, prêche, voire s’impose en crooner soul sur l’inattendu « Help Yourself ». En peu de notes, le quintet anglais, jadis indie-rock, a le don de planter une atmosphère intense, souvent au crépuscule. Au passage, émouvant duo posthume avec la chanteuse Lhasa (« Hey Lucinda »).

Jamais à court d’idées quand il s’agit de tenter des expériences nouvelles, Tindersticks a proposé à des réalisateurs du monde entier (dont Claire Denis, Rosie Pedlow & Joe King, Christoph Girardet, etc.) de créer une vidéo par chanson, sans aucune directive. L’ensemble des films sera projeté trois soirs d’affilée aux Bouffes du Nord. Le groupe en chair et en os jouera évidemment la musique en direct, pour une série de ciné-concerts qui promet des moments de grâce.