Youn Sun Nah

Cette œuvre, la neuvième de sa carrière, She Moves On, exhale ce que nous aimons chez elle, un parfum émerveillé des années 60, mélange de grâce, de lyrisme hérité de sa mère cantatrice, et de ce swing trop souvent absent du jazz.

Il y a quatre ans, la chanteuse de jazz Youn Sun Nah a changé de vie. Elle a décidé de faire une pause, précaution utile quand le succès – des milliers de ventes – vous impose une vie harassante et que la peur de lasser le public vous saisit. Elle a quitté la France qui l’avait découverte pour retrouver sa Corée, un mari admiratif, et s’adonner à ce plaisir qu’elle aime tant célébrer, le voyage. Elle a écumé les clubs de jazz de New York, pérégrination sans but précis, et dont pourtant son nouvel album allait sortir. Elle s’est retrouvée dans une maison de Woodstock à écouter des disques avec le producteur pianiste Jamie Saft, sélectionnant de merveilleux thèmes, « Drifting » de Jimi Hendrix ou « Teach The Gifted Children » de Lou Reed. Cette œuvre, la neuvième de sa carrière, She Moves On, exhale ce que nous aimons chez elle, un parfum émerveillé des années 60, mélange de grâce, de lyrisme hérité de sa mère cantatrice, et de ce swing trop souvent absent du jazz mais qu’elle ne cesse de réhabiliter, riche de belles surprises comme l’intense solo de Marc Ribot sur « Drifting ». Youn Sun Nah moves on cet été, au festival Django Reinhardt, à Vienne, à Nice puis à Marciac, en août. Sans craindre de lasser. Elle nous a trop manqué.

Festival Django Reinhardt. Vendredi 7 juillet à 19h45. Parc du Château de Fontainebleau.Gare de Lyon (Montargis-Montereau). Place : 26 à 29 €. Téléphone : 01 60 74 99 99.