Découvrez les lieux ruinés par la folie Instagram

La course aux likes mènera-t-elle la planète à sa perte ? Aussi excessive soit-elle, cette question mérite d’être posée. En effet, depuis quelques années, on voit fleurir sur la plateforme des clichés d’une étrange similitude. Résultat, ces lieux déserts où l’on capturait jadis les clichés les plus exotiques sont devenus de véritables usines à likes.

L’instagrameur de base a une fâcheuse tendance : vouloir répéter les clichés déjà postés par d’autres internautes avant lui. Comme un album Panini, il voudrait pouvoir cocher toutes les cases, de la cascade au désert de sel boliviens, en passant par les champs de lavande de Provence. Le problème, c’est que ce nouveau « tourisme du likes » n’est pas sans conséquences pour l’écosystème local. Certains lieux sont même obligés de fermer leurs portes pour donner à leur faune et à leur flore un temps pour se régénérer. En voici quelques exemples.

Les champs de lavandes – Provence

champs lavande provence
Ylliab Photo via Flickr

 

Chaque année, fin juin, la floraison des champs de lavande du plateau de Valensole, dans les Alpes-de-Haute-Provence, attire des touristes venus du monde entier. C’est même devenu l’un des lieux les plus instagrammés de France. Le hic, c’est que les mannequins amateurs qui viennent y poser sont prêts à piétiner les fleurs pour obtenir la photo parfaite, sans aucun respect pour le travail des producteurs. D’où leur récent coup de gueule dans les médias. S’ils rappellent qu’ils sont toujours ouverts à laisser les touristes accéder à leurs champs, ils demandent désormais davantage de considération pour leur métier. En effet, ce n’est pas trop demander !

Les sources de l’Huveaune – Var

Un petit paradis aux portes de Marseille…Bienvenue aux sources de l'Huveaune 💙💚Photos ©Lionel Duval

Publiée par Bienvenue à Marseille sur Lundi 18 mars 2019

 

Dans le sud-est de la France toujours, ce sont les sources de l’Huveaune, aux portes de Marseille, qui ont payé le prix de leur popularité. Un petit coin de paradis longtemps réservé aux connaisseurs et qui ont récemment été révélées au commun des mortels par un photographe sur la page Facebook Bienvenue à Marseille.

Résultat : en quelques semaines les bassins ombragés aux eaux turquoise ont attiré une foule inédite. Pas sans conséquences pour la petite commune voisine. La maire de Nans-les-Pins, Pierrette Lopez, a même confié ses inquiétudes face à cette affluence au journal local  Var Matin : « Nous ne pouvons pas accueillir autant de monde à la fois. Il n’y a pas suffisamment de places de parking. Le week-end dernier, les pompiers ne pouvaient plus passer, ce qui menaçait la sécurité des randonneurs et des riverains, des barrières DFCI (défense contre les incendies) ont été cassées, des détritus en tout genre jonchaient partout le sol… »

Le canyon de Fjadrargljufur – Islande

Cette fois-ci, c’est la faute à Bieber ! Depuis qu’il a tourné le clip de sa chanson I’ll show you dans ce canyon verdoyant en 2015, le site de Fjadrargljufur est envahi par les fans du chanteur canadien. On y vient se rouler dans la mousse moelleuse de ses vallons comme Justin et y prendre des photos des paysages à couper le souffle. La fréquentation du lieu a augmenté de 50 à 80 % par an depuis 2016. Une surfréquentation aux conséquences dramatiques pour la végétation, à tel point que les autorités ont pris la décision de fermer les lieux pendant trois mois pour laisser à la flore le temps de se régénérer.

La grotte du Johnston Canyon – Canada

folie Instagram
Lauri Sten via Flickr

 

C’est l’histoire d’une grotte secrète qui n’avait plus rien de secret. Située dans le parc national de Banff, au Canada, on ne peut y accéder par les chemins officiels, et pourtant, la grotte connaît depuis quelques années un engouement sans précédent. Le lieu, digne d’un paysage de Game of Thrones avec son gigantesque bloc de pierres posé miraculeusement au milieu d’une rivière est devenu un des hits des instagrameurs. Une fois n’est pas coutume, l’effet boule de neige a entraîné un bouleversement dans l’équilibre de la biodiversité locale. Une popularité dont se seraient bien passés les oiseaux rares qui, bien avant les cohortes de photographes amateurs s’y étaient installés. Pour les laisser prospérer durant leur période de nidification, le site a dû lui aussi être fermé quelques mois durant l’année 2018.

Quelles conclusions en tirer ?

S’il n’est évidemment pas question de cesser de voyager ou de photographier ces lieux magnifiques, ce que demandent seulement les personnes en charge de leur protection, c’est un peu de considération et de respect. Alors, lorsque des directives sont données, des chemins balisés ou des lieux fermés, gardons en tête que c’est sans doute pour une bonne raison !

Sinon vous pouvez aussi suivre les recommandation de WWF France qui vient de lancer le mouvement « I Protect Nature » : une géolocalisation fictive pour protéger la nature des impacts du tourisme de masse. Au lieu de géolocaliser les sites naturels et les plages où vous passez vos vacances, choisissez le lieu « I Protect Nature » pour des vacances ingognito !

 


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