Burning Man 2019 : Marc Ippon de Ronda, seul lauréat français du Black Rock City Honoraria

Ville éphémère, événement artistique, musical, bordélique et libertaire par excellence, le Burning Man envahira à nouveau le désert du Nevada, du 25 août au 3 septembre 2019. Et comme chaque année, le programme Black Rock City Honoraria va permettre à de nombreux projets artistiques audacieux d’être financés afin de faire rêver (et transporter) les fameux Burners. Parmi les quelque 70 projets retenus pour cette nouvelle édition se trouve Fragments de l’artiste-plasticien Marc Ippon de Ronda, seul français à faire partie de cette sélection réunissant des esprits créatifs du monde entier.

 

Burning Man
Marc Ippon de Ronda © William Flemming

 

Peut-être avez-vous déjà côtoyé le travail de Marc Ippon de Ronda à Paris sans le savoir, en vous promenant le long des quais de Seine pour tomber devant l’installation colorée Hana Poppu installée pendant sur la devanture du restaurant et lieu culturel Les Nautes. Ou peut-être avez-vous déjà eu affaire à son imagination fertile en arpentant le Centre Georges Pompidou et le Studio 13/16 (pour découvrir, entre autres, les stèles lumineuses de L’Attente). Mais si vous faites partie des heureux chanceux en route pour le prochain Burning Man, vous ne pourrez pas manquer sa future œuvre gigantesque. « En termes de taille, Fragments s’inscrit dans un périmètre de 50 m et les plus grandes sculptures font 10 m de hauteur », détaille celui qui, de son propre aveu, attendait le bon moment pour enfin prendre part à cette manifestation unique en son genre. « Même si beaucoup d’amis, artistes ou non, me poussaient régulièrement à les rejoindre à Burning Man, je n’y étais pas encore allé, par souci de timing, mais aussi parce que je n’avais pas trouvé la bonne opportunité : quand je participe à des événements, j’aime pouvoir m’impliquer et y apporter quelque-chose… » Fragments représente cette opportunité.

 

Burning Man
Les installations Hana Poppu et L’Attente

Un miroir pour méditer

Basé sur une mystérieuse légende, celle d’un géant qui, effrayé par la vision du futur reflétée dans un miroir transmis par une déesse, décida de briser le dit-objet, laissant ainsi s’échapper du ciel de multiples bouts de verres destinés à finir leur chute en plein désert, Fragments a pour ambition de jouer avec ses visiteurs. « L’idée d’avoir une œuvre aussi massive repose sur la légende dont nous nous sommes inspirés. On veut vraiment que l’aspect « temple » ressorte directement quand l’on se retrouve à la base de cette pyramide centrale représentant l’un des fragments de miroir géant tombé du ciel. On souhaite que le spectateur soit impressionné, qu’il se sente tout petit face à l’immensité de la pièce, mais pas seulement : on veut également que cette grandeur permette aux gens de se perdre à travers ses différents éléments lors de leur déambulation dans l’œuvre, jusqu’à ce qu’ils trouvent l’entrée de la grande pyramide. » Une expérience qui aspire à se situer entre la surprise et la méditation.

 

Le jeu omniprésent

Signée par Marc et construite en collaboration avec son équipe – architectes, producteurs… – au sein d’ATO Designs (« à la fois mon studio d’artiste, qui produit et édite mes œuvres, et un studio de design »), l’œuvre fait écho à la démarche artistique du parisien, depuis longtemps nourrie par les thématiques de la lumière, la notion d’espace et la perception de l’infini. Il faut dire que l’homme ne manque pas d’influences ayant également cultivé ces réflexions. « J’ai été particulièrement touché par le travail d’artistes comme Richard Serra, Dan Flavin, Robert Irwin ou Larry Bell qui ont utilisé la structuration de l’espace et la lumière comme matières. Je trouve que, dans le traité de ces médiums, il y a une forme très poétique. On joue alors avec le spectateur, dans son déplacement et la façon qu’il a d’interagir avec l’espace, de percevoir la lumière et les couleurs. Cela m’a toujours beaucoup touché. J’espère que cela se retrouve aujourd’hui dans mon travail. »

 

Burning Man
Le projet Fragments

 

Un profil éclectique… et électronique

Tout, de ses influences à son approche de l’art, semblait donc prédire la future venue de Marc Ippon de Ronda sur le sol aride du désert américain. D’autant que Burning Man est également une grande fête musicale. Un monde qui est loin de lui être étranger. Les danseurs ayant sué lors du Movement de Turin en 2013 ou du Time Warp à Manheim en 2012, 2015 et 2017 peuvent d’ailleurs en témoigner, chacun de ces festivals ayant abrité des créations et scénographies du français. « C’est vrai que mon travail est aussi énormément inspiré de l’univers de la musique, en particulier électronique, mais aussi de la fête en général, avoue l’artiste. Je suis touché par les communautés que peuvent rassembler les musiques électroniques au sens large. Avant d’être artiste-plasticien, je m’occupais même d’un label techno. J’ai la chance d’être proche de certains DJs et producteurs, comme Seth Troxler et Vitalic, des références pour moi quand j’étais dans la musique et qui influencent ma pratique artistique. C’est d’ailleurs intéressant de proposer et d’exposer des œuvres dans des environnements qui ne soient pas uniquement des musées ou des galeries… Les gens qui s’y trouvent peuvent avoir un regard différent et une appréciation plus authentique que la population habituée à côtoyer des musées. C’est pour moi tout à fait naturel de proposer des œuvres d’art, des sculptures, dans des festivals de musique. » Les Burners de l’édition 2019 sont désormais avertis : avec Fragments, ils ne seront pas déçus du voyage.

 

Retrouvez le projet Fragments sur son site Internet
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