Le Maroc côté jardins

L’exposition Jardins d’Orient qui se poursuit jusqu’au 25 septembre à l’Institut du Monde Arabe, pourrait donner l’envie de prolonger la visite au Maroc, à Marrakech et à Rabat, deux villes-jardins où l’on vit autant dehors que dedans et où les espaces verts maîtrisés dévoilent toute leur diversité.

Au vu des couleurs et des parfums qui règnent dans les jardins d’Orient, on en oublierait presque les systèmes d’irrigation complexes nécessaires à la vie des plantes luxuriantes et des parterres de fleurs. De vraies prouesses techniques associées souvent à tout un art de la construction « en étages » où les arbres les plus grands offrent leur ombre aux végétaux plus fragiles. Jardins d’agrément symboles de richesse où l’on reçoit ses invités le soir venu, parcs conviviaux où l’on se rencontre ou jardins botaniques, espaces de recherche et viviers d’espèces rares, on part à la découverte de ces paradis terrestres qui rythment tous les moments de la vie. Car ici, on le sait, tout ce qui se passe d’important a pour décor le jardin.

Marrakech

Le Jardin de l’Agdal


© Stéphane Armand

Classé depuis 1985 au patrimoine mondial de l’Unesco, c’est le plus vieux jardin de la ville, dont les premiers arbres furent plantés au 12è siècle. Derrière ses murs d’enceinte, ce vaste espace riche en bassins et fontaines qui offre de longues étendues d’oliviers et d’arbres fruitiers, fait partie de la mémoire collective des habitants de Marrakech. Ils se sont récemment mobilisés pour une grande restauration de ce lieu de rencontre familial privilégié, en partie laissé à l’abandon.


La Ménara


​© Stéphane Armand

Plus petit que l’Agdal, c’est cependant l’un des passages obligés de Marrakech, en raison d’abord, de son immense lac qui permet d’irriguer ses palmiers et ses oliviers. Ses abords offrent une promenade très prisée, et la vue que l’on a depuis le sommet de son pavillon (qui accueille aussi des expositions) est grandiose.

Majorelle


© Stéphane Armand

Avant l’ouverture ici à l’automne 2017 du Musée Yves Saint Laurent de Marrakech (en même temps que son pendant parisien), on redécouvre le mythique Jardin Majorelle, sauvé de la destruction en 1980 par le couturier et par Pierre Bergé. Dans ce décor inspiré des couleurs des tableaux du peintre, on visite le très beau petit musée dédié à l’art de vivre berbère, ouvert il y a cinq ans.

Le Jardin secret de Mouassine


© DR

Tout nouveau dans le paysage, ce jardin attenant à un palais du quartier Mouassine date en réalité du 17è siècle, mais vient juste d’achever sa rénovation, réalisée dans l’esprit d’origine – fastueux – des lieux. Bassin et fontaines somptueux agrémentent un jardin authentique, mais aussi un jardin exotique qui abrite des plantes venues du monde entier.

La Mamounia


© Stéphane Armand

Cet hôtel grand luxe est célèbre dans le monde entier, mais on ne sait pas toujours qu’il est entouré d’un jardin assez fabuleux – particulièrement à la nuit tombée avec ses éclairages sophistiqués – et même un potager. Pas besoin d’y séjourner pour y faire un tour, on peut se contenter, en fin de journée d’un cocktail sur son élégante terrasse.

Rabat

Les Jardins exotiques de Bouknadel


© Stéphane Armand

Sortie familiale en vue, avec, à 12 km de la ville, ce jardin, né dans les années 50, du rêve du Français Marcel François, ingénieur horticole passionné. De nombreux étangs que l’on traverse sur des ponts en bambou ponctuent des espaces végétaux inspirés de tous les pays du monde entourant un jardin andalou. En bonus, un salon maure pour boire le thé, un petit musée et même des animaux.

Le Jardin des Oudayas


​© Stéphane Armand

La Casbah des Oudayas, quartier ravissant aux belles ruelles paisible accueille près du Palais, un jardin arabo-andalou peuplé d’oliviers, d’orangers et de roses, conçu dans les années 20 sur un ancien campement militaire par l’architecte Maurice Tranchant de Lunel. Plus haut, on pourra découvrir le Jardin de la Tour Hassan, qui avec ses fontaines et ses palmiers, est un point de rendez-vous obligé pour les habitants de Rabat, groupes de jeunes gens et familles, qui s’y posent pour discuter ou jouer de la musique.

Le Jardin d’Essais botaniques


© Stéphane Armand

Récemment rénové, ce jardin expérimental qui accueille des espèces du monde entier s’étend sur plusieurs hectares. Pour botanistes passionnés.

A voir

Jardins d’Orient, de L’Alhambra au Taj Mahal, jusqu’au 25 septembre à l’Institut du Monde Arabe, 1 rue des Fossés Saint-Bernard, 5è. M° Jussieu. Du mardi au vendredi, de 10h à 18h, samedi, dimanche et jours fériés, jusqu’à 19h. Entrée : 12 € (avec un accès supplémentaire au jardin éphémère). Tél. : 01 40 51 38 38. Catalogue de l’exposition, 212 pages, 25 €.