Singapour, au carrefour de toutes les envies

Singapour, mini-territoire de… 22,5 sur 42 km, offre malgré cela, un concentré d’histoire(s) et de tendances, de richesse des cultures en place et d’influences occidentales, de structures ultra-modernes et d’espaces verts, de quartiers d’affaires et de ruelles où se perdre, de tentations shopping et de repaires authentiques pour foodistas. De quoi prétendre au titre de destination idéale.

Le 9 août, tous les ans depuis 1965, date à laquelle elle a quitté l’Empire britannique, la cité-état, symbolisée par le Merlion (emblème national dont la statue à tête de lion et corps de poisson est à voir au 1 Fullerton Road, face à Marina Bay) célèbre son Indépendance avec force parades et feux d’artifices. Résolument ancrée dans son histoire, mais jeune d’à peine plus d’un demi-siècle, Singapour réussit dès lors, à faire cohabiter sans heurts toutes les cultures qui l’habitent, depuis les Chinois, premiers arrivants au début du 19è siècle jusqu’aux Indiens, en passant par les Malais.

 

 Chinatown Singapour, © Singapore Tourism Board
 

Eminemment fiers de leurs quartiers respectifs (Chinatown, Little India ou Kampong Glam) qui accueillent chacun de flamboyants lieux de culte, tous s’adresseront d’aiileurs à vous en anglais aussi bien qu’ils parlent le Singlish, leur langue commune et métissée. L’image d’un parfait mélange qui ravira le visiteur, autant séduit par les shop houses coloniales de Koon Seng Road que par le Marina Bay Sands, vertigineux resort surplombé d’une piscine qui semble se jeter dans le vide, et émerveillé par les marchés typiques comme par le « son et lumière » bluffant de la sculpturale forêt artificielle de Gardens by the Bay. Pour se ressourcer, le voyageur comptera sur les magnifiques espaces verts de la ville, à l’instar du Singapore Botanic Gardens and National Orchid Gardens, qui lui offriront la touche de fresh air qu’il faut. 

 

 

 

 

National Gallery Singapore  © Singapore Botanic Gardens
Pour mieux comprendre l’histoire des lieux enfin, la belle offre muséale de la ville répondra quant à elle, à beaucoup de ses questions, du Malay Heritage Center, palais consacré à la culture malaise d’hier à aujourd’hui, à la National Gallery Singapore, qui propose actuellement l’exposition introspective « Siapa Nama Kamu ? », qui revisite l’art singapourien depuis le 19è siècle et dont le titre signifie tout simplement en malais, « Quel est ton nom ? ». A part ça, la ville, pas tout à fait aussi stricte qu’on ne le croit, mais tout de même inflexible question propreté, offrira à ceux que ça intéresse, la possibilité de s’adonner à deux passions quelque peu fédératrices, la foo et le shopping. Tentés ?    

 

 

 

 

 

 

 

           

 Little India Singapour, © Singapore Tourism Board        

                                       

       

      Marina Bay Sands © Singapore Tourism Board

                                                                                                                                                               

      

       Kampong Glam © Singapore Tourism Board

 

Shopping

Haji Lane

HAji Lane, entre shopping, drink et food © Andrew JK Tan/STB

On oublie les malls, et on file sur Haji  Lane, une petite rue aux airs de village dans le prolongement d’Arab Street, passage obligé de Kampong Glam, le quartier malais, qui aligne les petits cafés et les boutiques de créateurs. Derrière les enseignes aux devantures colorées, de la déco, des stickers et des cartes, du vintage et des vêtements de créateurs, impossible d’en repartir les mains vides.

 

 

 

 

 

 

 

Keepers

Ce store de créateurs pointus, a vu le jour en octobre 2014, via un pop-up sur Orchard Street (haut-lieu du shopping), finalement moins éphémère qu’il n’aurait dû l’être. Installée aujourd’hui au cœur du très hype National Design Center, la boutique, dont la tête de file, Carrie K., ancienne publicitaire invente désormais des bijoux à la fois minimalistes et originaux, est un must pour les chasseurs de nouveautés avertis. Dans un décor dont tous les ingrédients ont été passé à la bombe de peinture blanche, vêtements, petits objets de déco et accessoires sont autant de tentations irrésistibles.

National Design Center, 111 Middle Road. www.facebook.com/keeperssg/

 

Tiong Bahru

 © C.C

A la fois tradi et tendance, le quartier de Tiong Bahru est un lieu de passage obligé. Dans ce périmètre qui fut successivement bourgeois puis abandonné puis désormais hype, on fait un tour au marché (83 Seng Poh Road), on déguste les meilleurs gâteaux du monde à la Plain Vanilla Bakery (1D Yong Siak Street) et on fait le plein de livres dans la divine librairie Books actually 59 Yong Siak Street), qui propose romans locaux, beaux livres pas vus partout – qu’on emporte dans des sacs en kraft qu’on ne jettera jamais- et papeterie très chic, dans un décor aussi créatif qu’élégant. Conseil et accueil à l’avenant.

 

 

 

Restos /food

 

Hong Kong Soya Sauce Chicken Rice and Noodle

Pressez-vous, vous allez déjeuner chez un étoilé Michelin. Sauf qu’à l’arrivée, vous voilà dans un food court, prêt à faire la queue devant un food-truck. C’est que le Chicken Rice – entendez le poulet avec du riz, spécialité locale –  du lieu aura tapé en particulier dans l’œil de quelque chroniqueur gastronomique. Aux dernières nouvelles, son tenancier, un monsieur d’âge respectable pas habitué à répondre à une demande aussi folle, envisageait de passer la main. Vous, lassé d’attendre, vous tournerez peut-être vers un autre Chicken Rice, à emporter quelques mètres plus loin pour le déposer sur une table de jardin en plastique, pour le déguster avant d’essuyer votre bec avec vos propres mouchoirs (les serviettes en papier sont payantes), repu.

78 Smith Street. Fermé le mercredi

Kim Choo (Kueh Chang)

Véritable institution locale pour shopper des spécialités locales, kueh dadar (gâteaux verts au pandan), pyramides de riz, pâte de kaya… Juste à côté, une petite boutique aux airs de musée de la culture peranakan, avec meubles traditionnels et photos anciennes, propose des céramiques de toutes les couleurs et de typiques chaussures tissées de motifs floraux.

60 Joo Chiat Place. www.kimchoo.com (vente en ligne)

© C.C 

 

Yum Cha

Dans une ambiance désorganisée et familiale, un must de Chinatown, pour déguster des spécialités, et tout particulièrement les dim sum du lieu, ultra-réputés.

20 Trengganu Street

 

Katong Laksa

Une cantine aux airs de fastfood où l’on déguste sur un plateau en plastique, le laksa, soupe de nouilles épicée, avec du poulet, du poisson, des crevettes…, mais aussi le otak-otak, une recette poisson grillé servi ligoté dans une feuille de bananier.

51 East Coast Road

 

The Blue Ginger

Dans une shop-house typique construite dans les années 1910, on découvre les plus délicieuses des spécialités pérakananes. En dessert, se méfier toutefois du durian, cuisiné ici en compote. Quoique incontournable ici, le fruit qui sent franchement mauvais, et qui empuantit les marchés, dévoile un goût tout à fait raccord avec son fumet.

97 Tanjong Pagar Road. www.theblueginger.com.

 

The Coriander Leaf

Décoré et mené de main de maître (et de fer) par sa créatrice, la charismatique chef Samia Ahad, auteur d’ouvrages réputés comme le best-seller « Simply Samia », le resto-concept, ouvert en 2001, s’est installé depuis un an dans un beau complexe, Chijmes, qui a la particularité d’être un ancien couvent. Ici, on goûte une cuisine « panasian », soit des recettes traditionnelles thaï, singapouriennes, chinoises, pakistanaises ou indonésiennes « with a twist ». On vote pour le poulet aux graines de coriandre, chili, citron et crème au yaourt, plat-signature de Samia, et, question dessert, pour la glace au « Whire Rabbit », un bonbon très populaire ici.

30 Victoria street. www.corianderleaf.com.

Timbre

Timbre  © Darren Soh/STB

 
 
 

 

Au bord de l’eau, cette version moderne du food court aligne les stands tous plus créatifs les uns que les autres. On commande puis on s’installe sur de grandes tables entourées de tabourets hauts, avant d’aller refaire un tour dans les allées et de se poser devant le live d’un groupe du cru.

1 Old Parliament Lane.

 

 

Jeffrey Yeo

Un délicieux déjeuner dans le bel appartement d’un chef singapourien qui vous dévoile ses secrets de cuisine en même temps qu’il vous donne les clés de la ville.

www.mysingaporefood.com.

Bars

Cé La Vi et Level33

Le premier est un bar à cocktails plutôt clinquant et bruyant, installé au sommet de Marina Bay Sands. Le second, un bar à bières aux influences européennes, du quartier d’affaires, où on mange cependant très bien. Les deux ont pour particularité d’offrir une vue magique sur les buildings et les lumières de la ville. On y fait un stop pour en prendre plein les yeux, donc.

1 Bayfront Avenue. www.celavi.com

8 Marina Boulevard. www.level33.com.sg

 

                                                                              

Bitters & Love

Ce bar ultra-animé propose des cocktails créatifs. A recommander, le Kaya Toast Cocktail (du nom d’une recette typique du petit-déjeuner, à base de pâte de noix de coco et d’œufs sur du pain) servi dans un bocal et surmonté d’un toast.

118 Telok Ayer Street. www.bittersandlove.com.

 

The Library

Un secret bar, qui nécessite un mot de passe pour y entrer, d’où la même question qui se répète ad lib sur la page facebook de l’endroit. On aura peut-être plus vite fait de demander gentiment au resto d’à-côté, pour découvrir ce lieu feutré qui rassemble en effet quelques livres, mais propose surtout de bons cocktails, dont un, réputé, servi dans une petite baigoire, canard inclus.

47 Keong Saik Road.

 

Le Long Bar de l’Hôtel Raffles

Dans le très bel hôtel de style colonial, ce grand bar à cocktails qui diffuse de la musique rétro a tout pour s’imaginer dans les années 20, sur la trace des écrivains célèbres qui fréquentèrent l’endroit. On y vient pour goûter le fameux Singapore Sling, accompagné de grands sacs de cacahuètes à décortiquer, dont on jette les épluchures par terre. A Singapour la clean, this is provocation !

Hôtels

M Social

Dans un quartier tranquille mais pas désert, aux abords de la Singapore River, l’hôtel, qui appartient au groupe Millenium a ouvert ses portes en juin dernier. Designé par Philippe Starck, il multiplie les trouvailles et les détails qui font parler, comme la machine qui permet de faire son check-in tout seul comme un grand. Ici, les chambres, modernes et créatives, ne sont pas très grandes ; on privilégiera les suites, donc, selon budget. L’endroit n’est en tout cas clairement pas destiné aux familles, et on le clame bien haut : ici, pas d’extra-bed et pas de coin enfants. On trouve ici un resto tout en modernité et néons, et, en extérieur une piscine toute maigre, mais étonnante de par sa situation. Dans les couloirs, on aime bien la ligne blanche sinueuse qui décore les tapis, façon je rentre dans ma chambre sans marcher droit.

90 Robertson Quay. www.msocial.com.sg

 

 

Hôtel Vagabond

 

Cocorico again, cet hôtel-là a été designé par Jacques Garcia, et dès l’entrée, le résultat est plutôt du genre précieux avec velours rouge et élément de déco en or presque massif. Ne pas rater au rez-de-chaussée, les toilettes façon galerie d’art avec tableaux de Bacon animés et squelettes malins, puis les ascenseurs animés. Tendance en ce qu’il accueille régulièrement les soirées privées qui vont bien, l’endroit élégant se veut un peu canaille, avec sa devise « If you must get in trouble, do it at the Vagabond ». Pas de raisons en tout cas, d’avoir des ennuis ici.

39 Syed Alwi road. www.hotelvagabondsingapore.com.