10 films pour voyager en Asie depuis chez soi

Avec le succès international de Parasite de Bong Joon-Ho, palme d’Or 2019 et Oscar du meilleur film en 2020, la lumière pourrait se faire sur le cinéma asiatique. On espère cela très fort tant il est riche et varié, du Japon à la Corée du Sud, de l’Inde aux Philippines, et dépeint une réalité souvent bien loin des cocotiers et des plages dorées. D’ailleurs, les amateur.rice.s du genre savent qu’il est déjà mis à l’honneur dans de nombreuses salles de ciné parisiennes et franciliennes. Mais on oublie nos refuges préférés, confinement oblige, pour profiter de son écran plasma ou du 13 pouces de son pc et voyager en Asie depuis chez soi à travers cette sélection de 10 films asiatiques. Bien loin d’être exhaustive…

Inde : The Lunchbox, de Ritesh Batra

Commençons pas une romance indienne entre deux âmes esseulées au cœur de Bombay. Une femme, Ila, confinée à la maison par manque d’occupation autre que sa petite fille et son mari qui ne lui prête guère attention. Un homme, Saajan, veuf et comptable bientôt à la retraite. Chaque matin, Ila prépare le déjeuner de son mari qu’elle place dans une lunchbox – ou dabba – qui lui est ensuite remise grâce à un service de livraison réputé infaillible. Mais il y a erreur de destinataire, un coup du destin qui donne naissance à une relation épistolaire et culinaire. Pas de comédie musicale bollywoodienne ici, mais une histoire d’amour ou d’amitié, aussi belle que pudique, portée par un acteur et une actrice exceptionnel.le.s.

Disponible sur MyCanal, Arte Boutiquet UniversCiné.

Hong Kong : Election 1 et Election 2, de Johnnie To

De Hong Kong, on connaît les images de vieux quartiers traditionnels à l’ombre de gratte-ciels illuminés. Mais dans cette région administrative spéciale de la Chine sévit une mafia locale, que l’on appelle les triades. C’est dans cet univers de gangsters hongkongais sans merci et de corruption sans limite que nous plongent Election 1 et Election 2 (pour une fois, la suite ne démérite pas), au moment de l’élection du nouveau leader. Deux films de Johnnie To palpitants au scénario bien ficelé.

Disponibles sur MyCanal : Election 1 / Election 2

Corée du Sud : Memories of Murder, de Bong Joon-Ho

Bien avant Parasite, Bong Joon-Ho nous a offert Memories of Murder. Dans la province de Gyunggi, en 1986, plusieurs femmes ont été violées et assassinées. Adapté d’un fait divers, le film suit une unité spéciale composée d’un policier local et d’un détective envoyé de Séoul dans cette enquête. Devant l’absence de preuves, le doute s’installe. Un chef d’oeuvre qui signe nos retrouvailles avec Song Kang-ho, acteur fétiche du réalisateur. Âmes sensibles s’abstenir.

Disponible sur UniversCiné, MyCanal et La Cinetek

Japon : Still Walking, de Hirokazu Kore-eda

 

Une famille se retrouve à Yokohama, dans la maison des aîné.e.s, pour se remémorer Junpei, le père, fils et frère décédé des années auparavant. Hirokazu Kore-eda peint un portrait très juste de cette famille en deuil, aimante mais tiraillée entre non-dits, pression familiale et réussite sociale. Tout en délicatesse, sur une bande-son délicieusement mélancolique, on découvre un versant du Japon fascinant, entre traditions et modernité.

Disponible sur UniversCiné, Arte Boutique et MyCanal

Chine : A Touch of Sin, de Jia Zhangke

 

Ou une plongée trépidante dans une Chine gangrenée par la violence et la corruption, au travers de 4 personnages habitant 4 provinces différentes : Dahai, un mineur qui fait face à la corruption des dirigeants de son village ; San’er, un ouvrier migrant ; Xiaoyu, une hôtesse d’accueil dans un sauna confrontée à un riche client qui la harcèle ; et Xiaohui, qui enchaîne les petits boulots. En suivant le quotidien de ces 4 personnages de la classe populaire chinoise, Jia Zhangke offre une peinture passionnante de son pays à l’époque contemporaine dans un film haletant.

Disponible sur UniversCiné et sur MyCanal

Cambodge : Diamond Island, de Chou Davy

 

Suivons maintenant une bande de jeunes dans Phnom Penh, la capitale du pays. Originaire de la campagne, Bora, 18 ans, est venu travailler sur un chantier immobilier, futur reflet d’une ville qui veut se moderniser. Il va peu à peu laisser ses amis ouvriers pour suivre son frère aîné dans ses aventures nocturnes aux côtés de jeunes urbains et privilégiés. Une intéressante illustration des désirs d’une nouvelle génération portée par de superbes effets de couleurs pop : un beau film sur tous les plans d’un jeune réalisateur franco-cambodgien à suivre.

Disponible sur Arte Boutique

Iran : Taxi Téhéran, de Jafar Panahi

 

Comme pour beaucoup de réalisateurs iraniens, la plupart des films de Jafar Panahi sont interdits de projection en Iran et, certains, comme Taxi Téhéran, ont été tournés clandestinement. Dans ce film entre docu et fiction, il se glisse dans la peau d’un chauffeur de taxi à Téhéran, la capitale. À travers les échanges qu’il a avec ses passager.e.s, d’un éclat de rire à des sanglots, il nous livre un portrait touchant de la société de son pays. Un film drôle, une ode à la liberté d’expression résolument politique.

Disponible sur UniversCiné et MyCanal

Thaïlande : Tropical Malady, de Apichatpong Weerasethakul

 

Palme d’Or en 2010 pour Oncle Boonmee (celu qui se souvient de ses vies antérieures), Apichatpong Weerasethakul n’en était pas à son premier coup d’essai. C’est au cœur de la jungle thaïlandaise humide qu’il nous emmène aux côtés de Keng, un jeune soldat, à la recherche de Tong, son amant disparu subitement après qu’une bête a massacré un troupeau de vaches. On pénètre alors dans un univers mystérieux et envoûtant, à la végétation luxuriante peuplée d’étranges animaux. Est-ce la fièvre qui nous fait parler ?

Disponible sur La Cinetek

Philippines : Alpha – The Right to Kill, de Brillante Mendoza

 

Peu de réalisateurs philippins parviennent jusqu’en France. C’est pourtant le cas de Brillante Mendoza, qui, dans tous ses films, tente de dépeindre par la fiction une image réaliste et contemporaine de son pays au-delà des îles paradisiaques aux yeux d’un touriste. Avec Alpha – The Right to Kill, on découvre avec effroi la politique du président actuel Rodrigo Duterte qui, sous couvert de lutte contre les narco-trafiquants, a ouvert la voie à une vague d’homicides en toute immunité. On suit ainsi dans les quartiers pauvres de Manille un policier et un indic’ dans leur volonté de faire tomber l’un des plus gros trafiquants de la ville. Un film difficile mais nécessaire.

Disponible sur UniverCiné et MyCanal

Chine par un Taïwanais : The Assassin, de Hou Hsiao-Hsien

Quittons l’époque contemporaine pour plonger dans la Chine impériale. Au 9ème siècle, la jeune Yinniang retourne dans sa famille après des années d’apprentissage des arts martiaux auprès d’une nonne. Sa mère lui confie une mission : éliminer les tyrans sans état d’âme dans un jeu d’intrigues politiques complexe. Si on perd parfois le fil de l’histoire, c’est pour mieux profiter de la beauté des images, tant les décors naturels que les scènes d’intérieur, et des chorégraphies aériennes hypnotiques.

Disponible sur MyCanal et UniversCiné