À lire : Toucher terre de Florence Besson

Avis à tous les citadins en quête d’un brin d’herbe verte : Toucher terre va vous aider à renouer avec la nature. Le livre raconte la reconversion d’une journaliste parisienne branchée en agricultrice. Un témoignage qui inspire et émeut, sans jamais tomber dans les clichés.

toucher terre
© Flammarion / Roberto Frankenberg

 

Changer de vie, ça n’arrive pas que dans les manuels de développement personnel. Prenez le livre de Florence Besson, Toucher terre. Ce premier roman fait l’effet d’une révélation. Littéraire, d’abord, car il en faut du talent pour décrire les vaches et les vers de terre avec lyrisme. Et aussi existentielle, car cette belle histoire risque d’en inspirer plus d’un.

Ça commence comme un conte de fée moderne : une talentueuse journaliste au ELLE Magazine interviewe les stars, achète plein de fringues, et se voit offrir des crèmes de beauté. Le rêve consumériste. Mais un jour, l’héroïne étouffe dans ce cadre urbain vide de sens. Elle décide de vivre en pleine nature, s’installe dans une ferme et passe… son brevet agricole ! Cinglée Florence Besson ? Oui, et on le lui dit souvent depuis sa reconversion. Mais, comme disait Oscar Wilde, « le monde a été fait par les fous pour que les sages y vivent. » Ce précieux témoignage nous donne envie de suivre le même chemin et de se réconcilier avec la nature.

Au-delà de la réflexion écologique, Toucher terre séduit par sa prose drôle et authentique. Car tout n’est pas parfait dans cette aventure, et c’est ce qui est beau. Il faut sans cesse questionner l’existant et ajuster, sans jamais oublier de poursuivre son rêve. Avoir le courage de tout recommencer à zéro, d’apprendre un nouveau métier, connaître le nom des plantes et leur utilité. Marcher dans la bouse de vache (le nouveau yoga ?). Tout un programme que l’on est heureux de découvrir en lisant Florence Besson.

Flammarion, 320 pages, mars 2019, 19€

 

Extrait du livre Toucher Terre :

Demain c’est lundi. Mes camarades préparent ce soir la « conférence de rédaction », se demandent quels sujets aborder, pourquoi, comment, aider les autres ou au moins parler d’eux, décortiquer leurs soucis – c’est drôle comme on veut toujours disséquer pour saisir, couper en tranches, l’univers à plat sous la lampe – et moi je me suis mis la tête à l’envers, tout en bas dans le cul des vaches.

Il me semble qu’avant je gambadais en touriste sur cette planète. Oh dis donc c’est drôlement joli ! Je me promenais. Je ne savais pas. Comment est fait le beurre ? Comment pousse une carotte ? Que fait-on de notre terre et des bêtes qui y broutent ? Ça ne m’importait pas. C’était donné, comme l’électricité, l’eau, l’air. Tiens, une pomme. T’en veux ? Le décor se casse la figure. Le monde est nu et je suis là comme une cruche : Ah bon la Terre est ronde ? Elle n’est pas infinie ? On pourrait manquer ? Ah bon ?


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