Histoires d’ici et d’ailleurs à Séries Mania

Comme toutes les bonnes séries, le festival Séries Mania nous offre une nouvelle saison alléchante au Forum des images. La sixième déjà, pour faire le point sur les nouveautés en la matière et prouver, s’il en était encore besoin, la grande diversité et la qualité du genre.

USA for ever

Fers de lance évidents de l’univers de la série télé depuis des décennies, les États-Unis débarquent en force cette année au Forum pour nous présenter leurs nouvelles créations. Des séries phares comme l’indétrônable Game of Thrones dont les deux premiers épisodes de la 5e saison tant attendue seront diffusés pour le plus grand bonheur des fans de la mythique saga de fantasy.

Des séries très attendues comme Bosch, avec le personnage de flic inventé par le maître du polar Michael Connelly qui porte lui-même son héros à l’écran dans cette enquête tortueuse et savoureuse. Ou comme American Crime, la série de John Ridley, scénariste de 12 Years a Slave qui nous entraîne dans un thriller sur fond de crime raciste avec Felicity Huffman (la Lynette Scavo de Desperate Housewives).

Bloodline, par les créateurs de Damages, mêle pour sa part drame et secret de famille. Une série Netflix qui montre à quel point, en à peine un an, l’arrivée de nouveaux diffuseurs affranchis de la télévision comme Amazon ou PlayStation a donné un souffle nouveau à la production. D’ailleurs, cette année, forts de leur diversité, les Américains explorent différents genres comme le fantastique avec Powers. Une création qui nous plonge dans un univers de super-héros pas si super que ça puisque parfois bord-cadre avec la loi, au point qu’une division spéciale, Powers, est chargée de les remettre dans le droit chemin. Plus romantique, The Affair met en scène les deux points de vue d’une liaison adultérine.

Et si vous n’en avez pas assez des séries américaines, Séries Mania comme à son habitude vous ravira de ses marathons d’exception. Pas 42 kilomètres et quelques à courir sous le soleil, mais des heures assis confortablement dans votre fauteuil du Forum des images à vous régaler avec les zombies de The Walking Dead (les huit premiers épisodes de la saison 5), ou à découvrir près de vingt ans de la vie d’Olive Kitteridge (Frances McDormand), froide et distante, prof de maths à la retraite dans une petite ville côtière de la Nouvelle-Angleterre.

English time

Riches de leur capacité à explorer l’histoire et à mettre en scène les enjeux de notre société contemporaine, les Britanniques alignent aussi et encore cette année de prometteuses séries comme le très attendu Glue. La vie d’un groupe de jeunes dans la campagne anglaise bouleversée par la mort d’un camarade retrouvé mystérieusement écrasé sous un tracteur. Une série dans la plus pure tradition poisseuse, mélancolique et dérangeante de Skins.Ou bien Indian Summers, un Downton Abbey dans l’Inde de 1932, alors que le pays rêve d’indépendance et que l’empire britannique s’accroche à sa colonie.

Série d’espionnage digne du film La Taupe, The Game (par le créateur de Being Human) met en scène des agents du MI5 contre l’URSS dans l’Angleterre en pleine Guerre froide de 1972. Les fans de Harry Potter retrouveront quant à eux la patte de son auteure J. K. Rowling dans The Casual Vacancy, l’adaptation de son roman grinçant Une place à prendre, la chronique d’une bourgade anglaise qui se déchire pour l’élection du conseil communal (à voir en format marathon).

Et la France dans tout ça ?

Elle n’est pas en reste. Portée par l’impulsion donnée par Canal+ avec Canal+ Création et ses séries comme Engrenages ou Mafiosa, les séries françaises n’ont plus à rougir de leurs concurrents internationaux. C’est ainsi qu’en avant-première (avant sa diffusion le 27 avril), la chaîne cryptée nous ouvrira les portes de son Bureau des Légendes, une plongée réaliste, initiée par Éric Rochant, au cœur de la DGSE, à la découverte d’un agent de terrain (Mathieu Kassovitz) qui a du mal à retourner dans l’anonymat une fois sa mission achevée.

Mais les autres chaînes de télé sont également actives, comme France 2, qui a dernièrement sérieusement rénové son pôle création avec Chefs ou Les Témoins, et qui proposera le 21 avril (la veille de sa diffusion) Disparue. Une enquête autour de la disparition d’une jeune Lyonnaise le jour de la fête de la musique, avec François-Xavier Demaison et Pierre François Martin-Laval. OSC présentera de son côté la deuxième saison de In America, une course-poursuite infernale au Brésil. Et France 3, La Vie devant elles, l’histoire de trois filles qui vont devoir survivre à leurs pères ensevelis dans l’explosion d’une mine du Nord de la France.

Quant au reste du monde …

Il tourne et il tourne plutôt bien. Avec les pays du Nord évidemment, qui nous gratifient de leurs séries aussi intelligentes et abouties que Borgen. Son scénariste, le Danois Jeppe Gjervig Gram, s’attaque au monde de la finance et de l’énergie renouvelable avec Follow the Money, l’histoire d’une enquête qui débute après la découverte d’un corps à côté d’un parc d’éoliennes offshore. Avec la Norvège et Occupied (une série d’Arte de quatre épisodes présentée en marathon) qui imagine l’annexion de la Norvège par la Russie, soucieuse de s’accaparer ses puits de pétrole. Une série d’anticipation politique ambitieuse, initiée par le maître du polar Jo Nesbø. Enfin, la Suède propose Jordskott, l’enquête tortueuse d’une femme qui tente de résoudre le mystère de la disparition d’un jeune garçon dans la même forêt où sa fille s’est évaporée sept ans plus tôt.

Quant au polar islandais The Cliff – Depth of darkness, une investigatione sur fond de suicide, il devrait être diffusé sur Arte. Mais la Scandinavie n’est pas la seule à rivaliser d’ingéniosité en matière de séries. Israël, le Canada, l’Argentine, l’Australie, la Pologne et même la Suisse viendront également présenter leurs bonnes œuvres à Séries Mania, démontrant ainsi que l’imagination développée dans les séries est intarissable.

De quoi préfigurer encore de belles heures pour ce media dont l’intelligence de jeu et d’écriture surpasse de plus en plus souvent celle du cinéma. Avec une nouvelle donne que l’on découvre en se rendant à Séries Mania, cette volonté pour les fans de séries de partager leur passion et leurs découvertes. Car, raconnaissons-le, une série n’est jamais meilleure que lorsqu’on convainc un ami de la suivre lui aussi et que, conquis, il vous en remercie._

http://www.series-mania.fr