« Kings of Cocaine » : les enquêtes choc episode 3

Vice US a produit « Kings of Cocaine » trois courts documentaires qui décryptent l’univers des narco trafiquants, de Pablo Escobar aux cartels d’aujourd’hui. Passionnant.

Dans « Kings of Cocaine », trilogie de vidéos produites par Vice US Avec, on découvre sous forme de pastilles concises, l’histoire et le fonctionnement des cartels ou encore les forces en présence dans la lutte qui oppose les criminels à ceux qui les traquent. Après avoir retracé le parcours de Pablo Escobar dans un premier volet intitulé, « Le Commencement », le second épisode de ce programme saisissant avait commencé à s’intéresser à son héritage. Nous avions ainsi quitté la Colombie pour le Pérou, pays aujourd’hui reconnu comme le premier producteur de coca et de cocaïne au monde, pour y découvrir comment le trafic de drogue à grande échelle avait entraîné une irréversible plongée dans la violence.

La troisième et dernière partie du documentaire, « Une vallée lointaine », nous emmène cette fois dans la jungle péruvienne, où, déjà, du temps de Pablo Escobar, s’étaient installés les laboratoires qui transformaient la coca en « pâte de cocaïne ». Tous étaient alors contrôlés par son lieutenant et ami Demetrio Chavez Penaherrera, surnommé, au vu de son rôle central, « Le Vatican ». Protégé par les autorités locales, celui-là avait alors si bien organisé son « entreprise » – allant jusqu’à installer une véritable piste d’atterrissage et un aéroport clandestin en pleine jungle – que dans les années 90, c’étaient des tonnes de matière première qui chaque jour, quittaient ses campements.

A l’instar de Pablo Escobar, sanguinaire et un temps adulé par les plus pauvres, le Vatican était un personnage ambigu. En parallèle de ses activités illicites, l’homme entretenait auprès de la population une image de bienfaiteur, comme dans la petite ville de Campanilla où les infrastructures (église y compris) seraient à mettre à son crédit. En prime actif dans la lutte contre l’organisation terroriste Le Sentier Lumineux, cible des Américains, Le Vatican avait tout pour bénéficier d’une immunité encore plus totale auprès du gouvernement. Pourtant, un jour, sa carrière fut stoppée net par une arrestation ; aux dires de ses avocats, parce que ses protecteurs étaient devenus trop gourmands. Une fois le baron de la drogue mis sous les verrous pour trente ans, les paysans qui travaillaient pour lui ont naturellement abandonné la coca pour le cacao, et tout aurait pu s’arrêter là. Mais d’autres, bien sûr, ont pris le relais de cette culture alliant faible coût et haut rendement, mais surtout extrêmement rentable au marché noir.

Au Pérou, dans la jungle, bien que davantage cachés qu’auparavant, les laboratoires continuent d’œuvrer et les avions de décoller. La police, pourtant, poursuit ses opérations de dynamitage de ces installations, qui se reconstruisent malheureusement tout aussi vite. La lutte semble presque inutile et le combat perdu d’avance… L’industrialisation de la cocaïne mise en place par Pablo Escobar apparaît désormais vouée à perdurer, nous dit-on à l’heure de la conclusion. Ceux que cette trilogie documentaire riche en enseignements aura passionnés pourront poursuivre le décryptage de cet engrenage médusant avec la série Narcos, inspirée de la vie du parrain colombien de la drogue et actuellement diffusée sur Netfix. Beau travail de reconstitution parsemé d’images d’archives, ce biopic de José Padilha – déjà auteur dans un genre similaire, du film Troupes d’Elite – se regarde d’un œil encore plus aiguisé sous l’éclairage de « Kings of Cocaine ».