Livres à lire : 3 contes de la folie ordinaire

En ces temps de peur collective et de confinement, revenons à l’absurdité pure et dure, à travers 3 livres qui content brillamment la folie ordinaire. Des romans français récemment publiés, cocasses et farfelus, démontrant qu’on est toujours le fou de quelqu’un d’autre.

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© Aux forges de Vulcain / P.O.L / Séguier

L’Amour à la page, de Franck Thomas

Pas le temps de s’ennuyer en suivant les folles aventures de Franck, jeune auteur arrogant persuadé d’être un génie. Fauché et viré par son éditeur, il finit par devoir écrire une histoire pour Julia, une illustratrice jeunesse rencontrée au café. Commence alors une série de gags rocambolesques et invraisemblables, donnant un zéro pointé à la crédibilité de cette histoire, et une très belle note de légèreté. Satire du milieu littéraire, histoire d’amour, roman initiatique et déjanté, L’amour à la page joue tous les rôles qu’on veut bien lui donner, mais séduit surtout pour sa liberté de ton. L’auteur se permet même de s’extraire de son propre récit pour en commenter la narration. Du pur second degré qu’on a presque envie de se réserver cet été, pour le lire justement sur la plage, ah !

L’Amour à la page, de Franck Thomas, Aux forges de Vulcain, 216 pages, 18€

Nous vivons une époque formidable ! de Nicolas Ungemuth

Si vous vous posez des questions existentielles du type « Pourquoi passer de la musique au restaurant ? » ou  « Pourquoi détourner le client de la médiocrité des plats ? », ce livre est fait pour vous. Ce recueil des chroniques de Nicolas Ungemuth, journaliste au Figaro Magazine, épingle chaque semaine les travers de notre époque. Des dérives écolos aux politiques insensées d’Anne Hidalgo (le livre lui est d’ailleurs dédié, la définissant comme « l’Aphrodite née des voies sur berge »), en passant par le recensement de 503 journées mondiales répertoriées, « ce qui semble assez kafkaïen dans la mesure où une année compte au plus 366 jours », l’auteur n’épargne personne. Ces billets d’humeur relèvent les petites incohérences et les grandes absurdités du quotidien. Une compil’ humoristique entre Groland (« elle lit l’avenir dans le cassoulet ») et Chris Esquerre (« c’est un fléau gastronomique d’un genre nouveau : les restaurants qui refusent les réservations ». Un concentré d’humour facile à lire et à picorer dans l’ordre que l’on souhaite.

Nous vivons une époque formidable ! de Nicolas Ungemuth, Séguier, 272 pages, 14,90€

Clic-clac, de Nathalie Azoulai

C’est l’histoire d’une réalisatrice de film indé, Claire Ganz, qui perd la tête sur son dernier tournage. Son projet : filmer une scène de retrouvailles entre deux amants mais sans la moindre émotion, comme un coup sec et rapide, clic-clac. L’émotion, c’est pourtant ce qui guide la réalisatrice, dévoilant peu à peu son envie de revisiter le cultissime Nos plus belles années de Sydney Pollack (avec Robert Redford et Barbra Streisand). Le tournage vire à la catastrophe, la direction d’acteurs est incompréhensible, et évidemment, tout fout le camp ! En filigrane, les obsessions du personnage dessinent peu à peu le portrait d’une femme blessée et terriblement touchante. Mention spéciale pour les anecdotes sur Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy, dont la scène finale déchire le cœur à qui s’en souvient ! Avant le clap de fin, Nathalie Azoulai nous embrouille autant qu’elle nous ravie dans ce méli-mélo de références cinématographiques. Son écriture fine et sensible plaira à tous les cœurs de miel qui ne se remettent toujours pas, mouchoir en main, des fins tragiques des histoires d’amour.

Clic-clac, de Nathalie Azoulai, P.O.L, 192 pages, 17€

 

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